2026 : l’heure de vérité pour la gauche
Si le paysage politique ne bouge pas cette année, l’extrême droite a toutes les chances de l’emporter en 2027. Il reste douze mois pour dégager une candidature républicaine crédible.
Une seule question politique se pose aux démocrates pour l’année 2026 : comment endiguer la vague autoritaire et réactionnaire qui déferle sur la France, comme sur tant de pays dans le monde ? Ces douze mois seront ceux de la préparation ; en janvier 2027, nous entrerons dans la dernière ligne droite de la présidentielle. Il reste donc un an pour mettre en place une candidature républicaine crédible, à droite ou à gauche.
Si rien ne change en 2026, l’extrême-droite a toutes les chances de l’emporter. Culturellement, sociologiquement, elle ne cesse de progresser, portée par une vague planétaire de réaction identitaire contre les excès de la mondialisation et l’insécurité urbaine. Dans les enquêtes comme dans les scrutins, l’addition des votes RN, Reconquête, Ciotti et Dupont-Aignan place les nationalistes aux alentours de 40%, soit les scores des courants politiques qui ont gagné par le passé.
Droite affaiblie, centre en décomposition
Qui peut enrayer cette machine ? La droite républicaine est tombée à un niveau insuffisant et elle est idéologiquement dépassée par le RN ; le centre macroniste est en pleine déconfiture, divisé entre des candidats fragiles, sans bilan ni projet. Contre le pot de fer nationaliste, le pot de terre libéral-conservateur a toutes les chances de se désagréger.
La gauche ? Elle est fracturée et influence au mieux un tiers de l’électorat. Certes, Jean-Luc Mélenchon lui promet la victoire par la radicalité populiste. Mais outre que le calcul n’a jamais marché nulle part, il se heurte à une réalité rétive. Si d’aventure le leader insoumis passait le premier tour, toutes les enquêtes lui promettent une défaite cinglante au second face à une candidature RN. Rien d’étonnant : on sait que l’électorat de droite juge désormais LFI plus dangereuse que le RN, lequel ne manquera pas de jouer les Raminagrobis entre les deux tours pour rassurer le bourgeois.
L’hypothèse d’une gauche réformiste rassemblée
Au vrai, le salut ne peut venir que d’une candidature rassembleuse, issu de la droite civilisée et rassemblant au-delà, ou de la gauche réformiste, réunie autour d’un projet. Édouard Philippe cherche à tenir ce rôle à droite, mais il a montré des signes de fragilité. Raphaël Glucksmann a réalisé de bons scores aux européennes, mais là aussi, le doute entoure sa candidature, sans qu’un autre concurrent n’égale ses honorables performances sondagières.
Si on laisse la droite à ses interrogations, et qu’on s’inquiète de la gauche républicaine, il n’est qu’une seule voie praticable : non pas risquer une primaire de la « petite gauche » qui désignera au mieux une candidature de témoignage, mais commencer par réunir les réformistes dans une fédération socialiste et républicaine, qui se dotera d’un projet de redressement du pays dans la justice. Puis désigner, par un vote interne à cette fédération, une ou un candidat crédible capable de rassembler au-delà du pré carré socialiste. On dira que le chemin est étroit. Y en a-t-il un autre ?



