Autisme, vaccins, climat : l’usine à fake news s’emballe
Dans deux interventions successives fin septembre, Donald Trump a multiplié les mensonges, les contre-vérités et les sophismes grossiers sur des sujets pourtant graves. La science, la vérité, et la crédibilité même des États-Unis sont en jeu.
Les diatribes du président américain contre le paracétamol, qui serait d’après lui une cause d’autisme, ou contre le « canular » du réchauffement climatique sont assurément pathétiques. Mais le traitement de ces thématiques n’est jamais anodin ; il est même toujours lourd de conséquences. Et pour cause, le vieil homme en colère a divagué à voix haute sur ces sujets à l’Assemblée Générale de l’ONU et à la Maison Blanche. Des instituions où les mensonges proférés ont vocation à être relayés comme une parole crédible et sérieuse dans le monde entier.
Alors que les catastrophes naturelles se multiplient, le climato-négationnisme de Trump va isoler les États-Unis et permettre à la Chine d’assumer son leadership sur ces enjeux cruciaux, et de dominer les marchés qui impulsent ce changement de paradigme global. L’arrêt du financement des vaccins à ARN Messager va affaiblir considérablement le pouvoir des États-Unis, qui avaient su développer à grande vitesse les vaccins contre le COVID et asseoir leur domination écrasante en la matière. La défiance vaccinale va aussi mettre en péril la santé des Américains, déjà fragilisée par un système reposant sur les assurances privées et donc inaccessible à des millions de personnes. De quoi aggraver encore un peu plus la situation d’un pays dont l’espérance de vie moyenne est en-dessous de celle des pays de l’OCDE.
Les deux interventions récentes de Trump illustrent jusqu’à la caricature la fin du leadership américain dans le monde. On comprend ainsi aisément la satisfaction de Poutine ou Xi Jinping quand Trump a remporté l’élection de 2024. Pour ces puissances, l’affaiblissement des États-Unis sous Trump va de pair avec la disparition de l’idée même de vérité, condition nécessaire à la vitalité de toute société démocratique.
L’Europe doit comprendre que les États-Unis n’ont pas seulement cessé d’être leur allié historique : le discours de l’ONU doit leur montrer que ce pays est aujourd’hui non seulement un rival économique mais surtout un adversaire idéologique assumé.
Quant aux commentaires élogieux de l’écosystème médiatique Bolloré sur le discours de Trump à l’ONU, ils illustrent à merveille les ressorts de la bataille de fond qui se joue actuellement partout dans le monde pour la survie des démocraties libérales, contre la post-vérité et les autocraties … Des démocraties libérales pourtant encore incarnées aujourd’hui par le président des États-Unis, à la « faveur » d’une terrible ironie de l’Histoire.



