Cachez cet islamisme que je ne saurais voir…
En refusant de nommer les responsables de la censure violente qui a interdit la projection du film Barbie à Noisy-le-Sec, la gauche ouvre une nouvelle fois un boulevard à ses adversaires.
Le ridicule, encore une fois… Un « groupe de jeunes » du quartier du Londeau à Noisy-le-Sec, en Seine Saint-Denis, a interdit par la menace la projection de la comédie brillante et féministe Barbie, film autorisé pour tous publics et qui a rencontré un succès massif lors de sa sortie en salles. Motif ? Barbie est accusée de « nuire à l’intégrité des femmes » et de « mettre en avant des histoires de personnages lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels ».
Quel est ce groupe ? On le comprend en lisant le communiqué du maire PCF de Noisy, Olivier Sarrabeyrouse, qui a annulé la projection dans le souci compréhensible d’éviter les violences et de protéger ses agents : « Ces menaces ont été motivées par des arguments fallacieux, traduisant l’obscurantisme et le fondamentalisme instrumentalisés à des fins politiques ». Clarifions : sans savoir qui sont exactement ces censeurs musclés, il est évident qu’ils reprennent l’argumentation classique propagée par les militants de l’islam intégriste. Mais on refuse de le dire clairement et on s’emberlificote dans des litotes hypocrites.
On devine aisément pourquoi : par souci de ne pas « stigmatiser » tout un quartier difficile (classé « prioritaire ») où de nombreux associatifs tentent d’organiser la vie en commun dans la tranquillité et la tolérance. Attitude imitée par toutes les personnalités de gauche qui ont réagi à l’incident, alors même que la censure par la force d’un film autorisé, féministe de surcroît, aurait dû les faire bondir.
Erreur ridicule, il faut bien le dire : tous ceux qui ont lu ce communiqué ont immédiatement compris quelles idées rétrogrades et quel comportement violents étaient visés. En refusant de les nommer, on s’abstient de distinguer l’intégrisme, courant particulier de l’islam et on tend, en vertu d’une pudeur bien-pensante, à mettre involontairement tous les musulmans dans le même sac.
Dans le même communiqué, le maire fustige la récupération politique. Mais c’est précisément la circonvolution utilisée qui sert sur un plateau un thème de propagande tout trouvé à ses adversaires. Face à une gauche qui se tortille et n’ose pas appeler un chat un chat – alors que la laïcité et la libre diffusion de la culture sont en jeu – c’est la droite et l’extrême-droite qui prennent le rôle de défenseurs intransigeants de la liberté d’expression, de l’émancipation des femmes et de la dignité des homosexuels et des transgenres, autre thème du film. Conclusion limpide : tant que la gauche n’osera pas désigner clairement l’islamisme comme un ennemi, elle ouvrira un boulevard à la droite.



