États-Unis : ICE, bras armé du fascisme en marche
Les images d’arrestations violentes, y compris d’enfants et de personnes âgées en provenance de Minneapolis et d’ailleurs, ne sont pas seulement choquantes en elles-mêmes. Elles racontent un pays en pleine dérive autocratique, voire fascisante.
L’administration Trump continue à dépeindre les actions de la politique de l’immigration, l’ICE, comme des opérations classiques de maintien de l’ordre contre l’immigration clandestine. La brutalité et l’inhumanité de certaines arrestations dévoilent un autre objectif : celui de frapper les esprits, de conforter les partisans du pouvoir et d’instiller la peur parmi les étrangers, les personnes de couleur et, plus généralement, tous les opposants à ces pratiques, en les intimidant et en les menaçant d’arrestations.
Cette politique de la terreur est celle d’un régime dont l’armature idéologique va au-delà des éructations racistes de Trump. Les réseaux sociaux des ministères américains n’hésitent pas à convoquer de manière troublante l’imagerie du Troisième Reich. Par exemple avec une exaltation de l’Amérique idéale après avoir été vidée de 100 millions d’étrangers, soit un chiffre bien supérieur à celui des clandestins. Les exemples sont trop nombreux et mis en perspective dans cet article de « The Atlantic » pour nier que le gouvernement américain entend bel et bien promouvoir une Amérique blanche, chrétienne, aux valeurs traditionnelles.
Les agents de l’ICE sont le bras armé et loyal de ce régime. Il s’agit souvent d’anciens militaires ou policiers proches de l’extrême-droite. Quant aux débutants, leur formation a été réduite au maximum pour étoffer les effectifs. Certains pourraient même être d’anciens émeutiers du 6 janvier 2021 graciés par Trump. Grassement payés, avec une part « variable » indexée sur le nombre d’arrestations, ils se comportent comme des chasseurs de primes et non comme des agents des forces de l’ordre.
Le risque d’une dérive électorale
Les actions de l’ICE sont si outrancières qu’elles plongent leurs auteurs et leur hiérarchie dans l’illégalité la plus totale. Ce qui rend cette administration particulièrement dangereuse alors que se profilent des élections de mi-mandat que les Démocrates devraient gagner. Dans ce cas, ces derniers pourront lancer des commissions d’enquête parlementaires contre les dérives et les crimes de l’exécutif, dont ceux de l’ICE.
Or ce régime est trop corrompu et criminel pour permettre une telle éventualité. Il est probable que Trump utilise l’ICE pour saboter le processus électoral, en intimidant par exemple les minorités près des bureaux de vote ou en saisissant de force des machines de comptage des votes. Trump sait pouvoir compter sur la loyauté des agents de cette véritable milice, auxquels il peut garantir une amnistie en cas d’arrestation, à l’image de celle accordée aux émeutiers du Capitole.
Une idéologie fascisante mise en application sur le terrain par une milice loyale à un président sans conscience morale et prêt à tout pour asseoir son pouvoir, avec des contre-pouvoirs défaillants ou dépassés : il est impossible de nier aujourd’hui la gravité de la situation.
Au peuple américain, que les dernières outrances de l’ICE semblent avoir réveillé et indigné, de se dresser pour stopper la marche infernale des États-Unis vers un nouvel avatar du fascisme.



