Flat tax italienne : « une tempête dans un verre d’eau »
Économiste, Marco Leonardi, a participé en 2016 à l’élaboration du « dumping fiscal péninsulaire » lorsqu’il était conseiller économique de Matteo Renzi. Pour lui, la polémique sur les ultras riches émigrant en Italie n’a pas lieu d’être.
Combien de personnes bénéficient-elles aujourd’hui de cette « flat tax » de 200.000 euros par an concédée aux ultra-riches qui deviennent résidents en Italie, et quels sont leurs profils ?
Tout au plus 600 personnes en neuf ans. Soit une poignée de sportifs à l’image du footballeur Cristiano Ronaldo, qui est passé par le club de la Juventus de Turin, ou bien des petits chefs d’entreprise ou des spécialistes en technologie. Mais pas de grand patron richissime. Les chiffres que je cite sont vérifiables auprès de notre administration fiscale, qui s’est informée auprès de chaque candidat à ce dispositif de son patrimoine financier et immobilier, avant de lui accorder un « permis de séjour » définitif.
Que voulait le gouvernement ?
L’Italie voulait compenser les pertes qu’elle avait subies : 500.000 concitoyens envolés, en majorité des jeunes diplômés, partis travailler au Royaume-Uni, en France, en Allemagne, ou au Canada. Le gouvernement italien de l’époque a donc fait un pari audacieux (en grande partie réussi), sur les capacités financières immédiates de ces immigrés très aisés. Ceux-ci ont été accueillis à bras ouverts dans l’espoir de combler au plus vite les trous béants causés par les 500.000 déserteurs nationaux. Une grande astuce à l’italienne ! Dans la même optique, tout jeune citoyen italien établi à l’étranger depuis 5 ans, et qui déciderait de rentrer au bercail, ne payerait aucun impôt pendant les 10 ans.
En matière de « nomadisme fiscal », d’autres pays européens ont pris des décisions similaires, sans pour autant susciter de polémique …
Oui, notamment les Pays-Bas, le Portugal, ou la Suisse. Tous ont fait des choix analogues relevant de la simple concurrence fiscale. Comme je vous le disais au départ : « une banale tempête dans un verre d’eau ».
Propos recueillis par Marcelle Padovani



