Gaza : une entreprise de destruction totale
Le gouvernement Netanyahou met désormais en œuvre un plan d’épuration ethnique dans l’enclave. Et rien ne semble pouvoir arrêter cette entreprise d’annihilation.
Après plus d’un an et demi de guerre, l’extension de la guerre à la Syrie, au Liban et au Yémen, le gouvernement d’extrême-droite de fanatiques religieux israéliens semble inarrêtable. Aucune sanction internationale n’a été instaurée par l’UE et les nations du G7, alors que les massacres quotidiens préparent la voie à une nouvelle occupation, annoncée ce dimanche par le Premier ministre. Seule l’annonce d’une révision de l’accord d’association a mis fin à cette inertie. Mais ce ne sont pour l’instant que paroles diplomatiques.
Sur le terrain, la libération du soldat israélo-américain Edan Alexander, loin d’ouvrir la porte à un cessez-le-feu, a déclenché un déluge de feu le 12 mai dernier. Les pourparlers entre le Hamas et Israël continuent à Doha mais toutes les propositions de libération des otages sont rejetées par Nétanyahou. Le Premier ministre du Qatar Sheikh Mohammed dénonce des pourparlers « sabotés et manipulés ». Gideon Levy, rédacteur en chef d’Haaretz, synthétise les buts de guerre israéliens : « Israël affirme vouloir provoquer la destruction complète et définitive de Gaza, concentrer les réfugiés restants de Gaza dans une zone dense, après les avoir affamés pendant deux mois et demi, et les vaincre. » Ce n’est plus une guerre contre un groupe terroriste mais un plan de déportation et d’épuration ethnique où les civils sont des cibles de guerre légitimes.
Les déclarations israéliennes depuis le conflit ne laissaient planer aucun doute sur la volonté préméditée d’une nouvelle occupation de la bande de Gaza. Le 10 octobre 2023, Yoav Gallant appeler à « supprimer les Palestiniens, ce sont des animaux humains », suivi par le Président Isaac Herzog, pourtant un homme de gauche, qui estimait quatre jours plus tard que « c’est toute une nation qui est responsable ». La dernière déclaration du ministre des Finances Smotrich dit clairement les choses : « Nous détruisons tout ce qui reste à Gaza car le monde ne fait rien pour nous arrêter ».
On n’affame pas une population au nom de la légitime défense. Des innocents meurent pour rien tous les jours : Tom Fletcher, chef humanitaire des Nations Unies, dénonce le blocage de l’aide humanitaire, drastiquement réduit à 100 camions d’aide chaque jour. C’est d’une faiblesse toute symbolique et ce alors que 14 000 bébés risquent de mourir dans les 48 heures. Les équipes humanitaires sont ciblées par Tsahal, au mépris de toute loi de la guerre. Les Nations Unies alertent : le taux de malnutrition des enfants a doublé en un mois, plus de 60% des Gazaouis n’ont pas accès à l’eau et la même proportion ne trouve pas de nourriture à cause du blocus israélien. L’UNRWA estime que 92% des habitations sont détruites ou endommagées.
Mais qui écoute encore l’ONU ? Le bureau des Droits de l’Homme a dénoncé il y a encore trois jours les meurtres de Palestiniens sur l’autre front, en Cisjordanie. Les exécutions extrajudiciaires et les punitions collectives d’Israël contre les Palestiniens se poursuivent dans l’indifférence. Pire, le futur des Palestiniens est entravé : 800 enfants de Palestine se sont vus privés d’éducation, les écoles de Jérusalem Est ont été fermées par des soldats lourdement armés la semaine dernière.



