Guedj : bloquer la primaire de la gauche
Sur la réserve, les présidentiables sociaux-démocrates laissent le champ libre à la primaire de la gauche ? En déclarant sa propre candidature, le député de l’Essonne veut les bousculer.
Il fallait bien que quelqu’un se lance. Ni Raphaël Glucksmann, ni François Hollande, ni Bernard Cazeneuve ne sont encore déclarés candidats à l’élection présidentielle. Jérôme Guedj, dans une candidature de témoignage, les devance. Convaincu comme eux des vertus de la social-démocratie, opposé encore plus qu’eux à Jean-Luc Mélenchon, raison pour laquelle il n’a pas endossé l’étiquette du Nouveau Front Populaire aux élections législatives de juin 2024, il s’affirme en se déclarant lui-même candidat.
Guedj a du panache et il croit en son étoile. Initialement, il avait prévu d’annoncer cette candidature samedi 31 janvier lors des vœux à ses ouailles dans l’Essonne, à Massy, dont il est le député. Et puis, il a changé d’avis, préférant Benjamin Duhamel sur France Inter. C’est dire, au passage, à quel point le journaliste s’est imposé dans le paysage politique.
« Les autres avancent, pas nous », confie-t-il ce jour-là. Celui qu’on a vu assister à toutes les manifestations organisées par Raphaël Glucksmann ne cache pas ses accointances avec lui. Ils sont sur la même ligne, s’accordent sur le même projet. Et sont tous deux convaincus que la meilleure façon de procéder pour unir la gauche est de construire ensemble une plateforme programmatique à partir de laquelle les candidats sociaux-démocrates pourront se rassembler pour choisir le mieux placé.
Au PS, un connaisseur des rouages
Seulement voilà, il l’a dit sur France Inter, Jérôme Guedj a une vraie différence avec Raphaël Glucksmann : il appartient au Parti socialiste, il ne l’a jamais quitté et en connaît tous les rouages. Quand François Hollande était président, il faisait partie des frondeurs contestant la ligne politique de l’offre mise en œuvre par Manuel Valls, nommé Premier ministre.
Quand survient le massacre du 7 octobre, il se situe plutôt à la droite du Parti pour sa position déterminée en faveur d’Israël. Quand il s’agit de négocier sur le Projet de Loi de Sécurité Sociale (PLFSS), dont il est le rapporteur pour le Parti socialiste, il est en première ligne pour défendre les acquis sociaux des Français. Il est, au PS, le meilleur spécialiste des questions sociales, dont il connaît parfaitement chacun des dossiers.
Jérôme Guedj navigue à son gré, et peut varier selon les sujets. À la fois brillant et imprévisible, il n’a jamais, lui, quitté sa famille politique, le Parti socialiste. À la manière d’un François Hollande, il est celui qui, malgré les critiques et les divergences, n’a jamais dévié dans son engagement.
Objectif : faire échouer la primaire
Aujourd’hui, il est déterminé à faire échouer la primaire de la petite gauche. Opposé à Olivier Faure, il ne veut pas d’un candidat qui pencherait vers les idées de Jean-Luc Mélenchon, dont il combat ardemment les idées radicales. Il est convaincu aussi qu’il saura faire le pont, au sein de la plateforme programmatique, entre Raphaël Glucksmann et les socialistes, dont il a une connaissance intime. Alors que son ami n’a pas encore réussi, dix-huit mois après, à construire le programme qu’il avait promis aux Français.
Voici donc Jérôme Guedj embarqué dans la course à la présidentielle. Pour y apporter son expérience et son sens des réalités. Avec son côté dilettante, il sait sans doute qu’il ne peut pas gagner. Mais il aura participé.



