IA : Bernie Sanders veut taxer les robots
Un rapport du Sénat dirigé par l’ancien candidat à la primaire démocrate estime que 100 millions d’emplois pourraient être balayés par l’intelligence artificielle aux États-Unis en dix ans. Pour y faire face, Sanders prévoit des mesures énergiques.
Avec la révolution numérique, nos sociétés sont entrées dans l’ère de l’exponentiel : l’intelligence artificielle a décuplé ses capacités en quelques années. Cette déferlante sera un vecteur de progrès pour le plus grand nombre dans certains domaines clés comme la médecine, mais elle va aussi chambouler en profondeur le marché du travail à travers le monde. La question n’est donc pas d’être « pour » ou « contre », car la progression de l’IA est inéluctable, mais bien de maîtriser cette mutation.
Un rapport du Sénat américain publié en octobre donne une idée du bouleversement que l’IA va déclencher aux États-Unis : près de 100 millions d’emplois pourraient être menacés en une décennie. Un bouleversement social comparable à celui qu’avait provoqué la révolution industrielle. Pour financer cette adaptation, Sanders avance une mesure forte : « taxer les robots ». L’Europe, qui a récemment montré toute sa dispersion et son impuissance face à Trump et aux Gafam, ferait bien de s’y intéresser dès aujourd’hui.
Selon les conclusions de ce rapport sénatorial, lui-même réalisé – ironie du sort – grâce à l’intelligence artificielle, 89% des postes dans la restauration rapide sont menacés, de même que 64 % dans la comptabilité et 47 % chez les chauffeurs de poids lourds. « Les technologies d’intelligence artificielle et de robotique développées aujourd’hui permettront aux grandes entreprises d’éliminer des dizaines de millions d’emplois correctement rémunérés, de réduire les coûts du travail et d’accroître les profits », prévient Bernie Sanders, qui plaide donc pour une pour une « taxe sur les robots », ainsi que pour le passage pur et simple à une semaine de 32 heures contre 40 aujourd’hui.
L’ancien candidat à la primaire démocrate de 2016 souhaite notamment que cette taxe puisse permettre aux travailleurs mis au chômage par l’automatisation de leur emploi d’être protégés par des dispositifs de protection sociale et de reconversion professionnelle adéquats. Le sujet divise déjà les sénateurs et l’opinion américaine, entre ceux qui voient en cette « taxe sur les robots » une opportunité, et les défenseurs farouches de l’IA craignant que ce nouvel impôt ne constitue un frein à l’innovation.
« Personne ne sait exactement ce qu’il va se passer », précisent à juste titre les auteurs du rapport… Raison de plus pour que le législateur, aux États-Unis et ailleurs, s’empare de la question avant qu’une nouvelle réalité inamovible ne s’impose à tous.



