ICE : les tueurs de Donald Trump
La police anti-immigration vient de tuer sans aucune raison légitime une jeune femme coupable d’avoir protesté contre ses exactions. Plutôt que de s’excuser, l’administration justifie le meurtre, confirmant son tropisme fascisant.
Donc, Trump fait l’éloge du meurtre d’État… L’activisme martial du président américain, dirigé vers le Venezuela, Cuba, l’Iran ou le Groenland – toutes crises internationales qui détournent l’attention des problèmes intérieurs – tend à occulter un événement majeur de la vie américaine. Sans sous-estimer en rien l’importance des dossiers qu’on vient de citer, il faut pointer le projecteur sur les événements de Minneapolis. On y trouve les éléments constitutifs d’une tendance de plus en plus visible au sein du mouvement MAGA : celle qui conduit vers un fascisme aux habits neufs.
L’ICE, une milice fédérale en uniforme noir
Ces habits sont d’abord ceux de cette milice fédérale nommée ICE (Immigration and Customs Enforcement), un uniforme noir de sinistre réminiscence et une cagoule destinée à dissimuler l’identité des exécuteurs. Mise sur pied par l’administration Trump, elle est chargée de traquer partout dans le pays les immigrés que le régime veut expulser. Brutale, sommaire, elle s’attaque avec violence aux étrangers désignés par Trump comme ennemis des États-Unis et a déjà quatre morts à son actif.
Le cas de Renee Nicole Good, tuée à Minneapolis, est particulièrement révoltant. Cette poétesse de 37 ans était venue protester contre les méthodes de ces sicaires légaux. Pacifique, elle cherchait à quitter les lieux en voiture et à petite vitesse, quand l’un des policiers, furieux de ces remontrances, a déchargé son arme sur elle à bout portant, sans que sa sécurité ni celle de ses collègues aient été le moins du monde menacées. Des centaines de rassemblements se sont tenus, samedi 10 janvier, à travers les États-Unis pour protester contre ce meurtre délibéré. Mais la rafale de déclarations émanant de la Maison-Blanche à propos des crises étrangères, en Iran ou au Venezuela, tend à éclipser le mouvement d’indignation.
La Maison-Blanche couvre l’affaire
L’affaire est d’autant plus grave que l’administration a couvert cette mort d’un mensonge éhonté, accusant la jeune femme d’avoir voulu renverser les policiers – alors que les vidéos rendues publiques prouvent le contraire – et qualifiant de « terroristes » ceux qui manifestent contre les agissements de l’ICE. Les hauts dignitaires MAGA, Trump, Vance, et quelques autres, ont ainsi couvert le crime et délivré du même coup à leurs sicaires un très officiel permis de tuer.
Ainsi le style volontiers clownesque de Donald Trump (Mussolini usait volontiers de la même manière oratoire) masque une lugubre détermination : celle de laisser tuer pour l’exemple et impunément quelques opposants pour intimider les autres. Dans l’Italie et l’Allemagne des années trente, les autorités mussoliniennes et hitlériennes couvraient de la même manière les agressions dont se rendaient coupables les chemises noires italiennes ou les Sections d’Assaut (SA) allemandes. Il apparaît à l’occasion de cet acte infâme que le terme « illibéralisme » qu’on emploie volontiers pour définir le trumpisme est un mot bien faible. En l’occurrence, dans le cadre de ces menées xénophobes organisées au plus haut niveau, c’est bien de fascisme qu’il s’agit.



