La droite en enfer

par Sylvie Pierre-Brossolette |  publié le 26/09/2025

La condamnation – et la prochaine incarcération – de Nicolas Sarkozy complique encore un peu plus la vie de la droite, déjà minée par la question des compromis à passer – on non – avec la gauche.

L'ancien président Nicolas Sarkozy s'entretient avec le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau, le 20 mai 2025. (Photo de STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

Il ne manquait plus que cela : le parrain en prison ! Comme si la droite n’avait pas assez de soucis comme cela. Nicolas Sarkozy était certes un peu passé de mode chez ses amis politiques, mais il restait une figure du système. Chacun se croyait obligé d’aller baiser la babouche de l’ancien président, à commencer par l’actuel premier ministre, à peine avait-il été nommé.

Les réactions des dirigeants LR à la sanction infligée par le tribunal reflètent la gêne dans laquelle ils sont plongés. Certes, il y a ceux qui critiquent les excès d’une justice qui aurait cédé à un penchant partisan. Mais ce ne sont pas les plus nombreux. Il y a surtout ceux qui prononcent l’oraison funèbre de l’ex, vantant son action passée et l’assurant de leur amitié. Sans remettre en cause son rôle dans l’affaire jugée.

Une prudence qui s’explique par l’ambition de la plupart des poids lourds de la droite. Chacun rêve de l’Élysée. Sur cette route escarpée, il ne convient pas de tancer les institutions de la République, à commencer par l’autorité judiciaire. Mais la peur de déplaire à Nicolas Sarkozy, qui va regarder de près qui lui aura manqué dans l’épreuve, conduit la plupart des chapeaux à plume à écrire un mot de condoléance. Même Valérie Pécresse que l’ancien chef de l’Etat avait lâchée en rase campagne présidentielle…

C’est que ce diable de Sarko peut toujours nuire. Et contrarier le destin de tel ou telle. Déjà il s’est mêlé de donner des titres de noblesse au RN, en les incluant dans l’arc républicain, après avoir reçu avec chaleur Jordan Bardella. Pour ses anciens amis des Républicains, ce coup de main à leurs concurrents directs est dur à avaler.

Ils savent que son passage en prison ne suffira pas à calmer les ardeurs du célèbre bretteur, attaché à défendre son « honneur » et à peser sur le cours des choses. Les sondages sur les réactions des Français vont sûrement influer sur le degré de déférence que montreront à l’avenir les élus Républicains. Mais il restera craint. Sa capacité de nuire aura été émoussée mais pas éliminée.

Alors que les élus LR n’en finissent pas de se poser des questions sur le degré de compromis acceptable avec les exigences du Parti socialiste, la position de Nicolas Sarkozy est connue : il est favorable à une dissolution. Qui déboucherait sur une progression du RN le conduisant à chercher l’appoint de la droite pour gouverner ? L’ancien président a semblé donner sa bénédiction à ce type d’évolution. On a même murmuré qu’il pourrait en attendre une amnistie qui l’inclurait dans celle concernant Marine Le Pen. Certes, on n’y est pas. Mais ce serait encore un casse-tête pour la droite…

Sylvie Pierre-Brossolette

Sylvie Pierre-Brossolette

Chroniqueuse