La nouvelle génération est-elle nulle?
Dans tous les partis, les jeunes prétendants au pouvoir ne brillent guère par la puissance de leur réflexion, se contentant de quelques punchlines nourrissant la guerre des egos.
On cherche en vain les réponses aux défis gigantesques qui se posent à la France : résorber un déficit et une dette record, faire face à la dénatalité et au vieillissement de la population, s’adapter à la révolution technologique et à l’ère de l’intelligence artificielle, retrouver une forme de souveraineté industrielle et militaire…La liste n’est pas exhaustive. Et qu’entend-on dans la génération qui aspire à mener le pays dans les prochaines années ? Beaucoup de vieilles recettes ou des facilités de langage qui ne mènent nulle part.
Le plan B comme Jordan Bardella, qui prétend devenir le plan A si Marine Le Pen était empêchée, ne semble avoir aucune pensée personnelle. Il suffit de lire son livre – bon courage…- pour mesurer le vide abyssal des réflexions de celui qui affirme que la préparation pour les postes de Premier ministre et chef de l’Etat, c’est pareil… Admettons qu’on n’attend pas grand-chose de l’extrême-droite, mais la culture Tik-Tok, c’est tout de même un peu court pour prétendre à l’Élysée…
A droite, on trouve le phénomène Wauquiez, un crack major de toutes ses promotions (École normale, agrégation, ENA) qui s’ingénie à réduire la politique à quelques slogans démagos. Le dernier étant l’envoi des OQTF à Saint-Pierre et Miquelon. Candidat à la fonction suprême, il pense s’ouvrir les portes de l’Élysée en se contentant de pester contre l’assistanat et l’insécurité, sans aucune vision globale. Décidément, les études ne mènent pas à tout.
Ses camarades du centre-droit ne volent guère plus haut. Gérald Darmanin et Gabriel Attal sont peut-être des as de la com mais pas du concept. Le premier ne sait plus qu’inventer pour concurrencer l’occupant de son dernier job à Beauvau. On en est à réinventer le forfait prison pour les détenus. Le second décline sa formule à succès – tu casses, tu répares – avec talent mais sans grand dessein. Avec parfois une bonne intuition : l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Resterait à la faire appliquer…
On aimerait que le paysage à gauche soit plus imaginatif. Or ce n’est pas chez les affidés du lider maximo qu’on trouvera du neuf : leur programme se résume à faire payer les riches et flatter les quartiers. Côté écolo, Marine Tondelier s’emploie davantage à tenter d’éliminer ses opposants que de répondre à la question climatique, pourtant essentielle à sa cause… et à notre avenir. Chez les sociaux-démocrates, enfin, on attend toujours les idées de Raphaël Glucksmann, promises pour le mois de juin. Acceptons-en l’augure…
Pour le moment, nous ne disposons que du texte d’orientation des opposants à Olivier Faure, dont le premier signataire est Nicolas Mayer-Rossignol. Baptisé « Changer pour gagner », il laisse sur sa faim si on y cherche les innovations nécessaires – et les choix difficiles – pour affronter les réalités d’aujourd’hui et de demain. On y note surtout une longue liste de dépenses, à commencer par l’abrogation de la réforme des retraites qui a repoussé l’âge de départ à 64 ans.
On n’y trouve aucune économie, mais le « financement puissant » du logement social, la revalorisation du salaire des enseignants, la hausse du SMIC et du point d’indice des fonctionnaires, l’augmentation des moyens de la justice et de nouvelles ressources pour « bannir l’insécurité, première des inégalités », sans compter les investissements dans l’écologie, la santé, l’agriculture … Comment finance-t-on ce conte de fée ? Il est prévu, en deux lignes, d’agir « avec vigueur sur les inégalités de revenus et de patrimoine » car, ne rions pas, « Le sérieux budgétaire est une vertu de gauche ».
Certes, ce texte n’est qu’un brouillon destiné à un congrès aux ambitions limités : il s’agit plus de changer d’équipe que de programme. Mais pour emporter la conviction en 2027, prouver qu’une ligne sociale-démocrate est la solution pour le pays, il va falloir revenir sur terre, tenir compte des dures réalités et faire preuve d’un peu plus de créativité. Encore un effort, camarades…



