La péninsule prospère. Vraiment ?

par Marcelle Padovani |  publié le 11/07/2025

Le 17 juillet, le gouvernement Meloni fêtera ses 1000 jours au pouvoir. Se félicitant du classement de la Bourse de Milan en troisième place des marchés européens, la présidente du Conseil se glose de la victoire. Mais, est-ce vraiment grâce à elle ?

Giorgia Meloni à Bruxelles, le 26 juin 2025 (Photo de Nicolas Economou / NurPhoto via AFP)

Le quatrième exécutif le plus long de l’histoire républicaine italienne se réjouit d’une série d’indices de prospérité, et avant toute chose, de la croissance du PIB. L’augmentation de l’indice FTSE (MIB) à la Bourse de Milan permet au journal The Economist de placer l’Italie au cinquième rang des 37 pays les plus prospères de la planète.

La chute constante du spread BTP/Bund sous les 100 points, le coup de frein à la hausse des prix qui avait atteint les 11,8% en 2022 et qui se stabilise aujourd’hui à 1,7%, l’augmentation de l’emploi qui passe cette année de 60,5% à 62,8%, tous ces éléments favorisent un tout nouveau climat de stabilité psycho-économique qui aide à contenir la dette et à conforter les citoyens, comme le soutiennent les agences de notations américaines Fitch Ratings et Moody’s.

Pour autant, le « miracle italien » est-il un « miracle mélonien » ? C’est moins sûr. En effet, l’exécutif souffre de nombreuses carences. L’instabilité des positions internationales en est le parfait exemple. Le jeu d’équilibriste de Meloni, entre choix pro Trump et options pro européennes est plus que risqué. En politique intérieure, Meloni doit assumer un déficit embarrassant en matière de réformes institutionnelles ( l’élection du Premier ministre au suffrage universel et l’instauration de la proportionnelle, qui avaient été annoncées dès le 22 octobre 2022 ) et la dégradation des systèmes scolaire et sanitaire. Les grands choix de société ne sont pas épargnés, comme la lutte contre la dénatalité ( on est passés en 2025 d’un taux de 6,7 nouveaux nés par tranche de 1.000 habitants à un taux de 6,3, sans que de nouvelles mesures d’incitation à la procréation aient été mises en route ).

Les comptes publics sont certes plus transparents, plus propres diraient certains, mais la discipline fiscale demeure hasardeuse. Surtout, la stabilisation des marchés et la baisse de l’inflation sont essentiellement dues à la bonne chance internationale, comme l’écrit le principal hebdomadaire économique et financier d’Italie, “Milano Finanze”.

Enfin, le miracle italien, s’il existe, doit beaucoup à une composante typiquement melonienne qui n’est pas à négliger : sa volonté affirmée de suivre les traces d’un célèbre Premier ministre qu’elle décida de consulter, régulièrement et discrètement pour chaque choix engageant son exécutif. La chance de Georgia Meloni porte un nom : Mario Draghi. 

Marcelle Padovani

Correspondante à Rome