Le monde craint pour la France

par Malik Henni |  publié le 26/08/2025

L’annonce de la convocation d’un vote de confiance le 8 septembre par François Bayrou donne un sentiment de déjà-vu à la presse internationale, qui ne doute pas de son issue : le Premier ministre fait ses cartons.

capture d'écran du site economist.com (©The Economist)

The Economist n’y va pas par quatre chemins et dans sa rubrique « going for broke » (que l’on pourrait traduire par « jouer le tout pour le tout »), le journal libéral estime que la France « est, encore une fois, dans la panade ». Sous une photo d’un Bayrou se grattant la tête pendant la conférence de presse d’hier, l’article insiste sur les conséquences financières pour le pays : le spread des taux d’intérêts des emprunts à 10 ans avec l’Allemagne a d’ores et déjà augmenté.

Le Soir belge pointe le même danger : « la Bourse de Paris a ouvert en net recul mardi, plombée par les incertitudes liées à la situation politique et budgétaire en France ». Le Premier ministre a peu de chances de survivre à cette demande de clarification de la situation budgétaire : « les réactions des oppositions ont été immédiates et ne semblent laisser quasiment aucune chance de réussite au gouvernement ». Les oppositions « sont déjà tournées vers l’après-Bayrou ».

The Guardian estime que le risque de dissolution de l’Assemblée nationale après la chute du Gouvernement est faible. Cependant, la question du remplacement du maire de Pau se pose : « même si l’on peut se demander qui cela pourrait être et en quoi cela serait plus efficace ».

El pais rappelle que la question de la « dernière clarification politique » a eu lieu en juin 2024 avec une dissolution qui n’a en vérité rien réglé : « le parti de Le Pen a remporté le premier tour et le bloc de gauche le second, laissant l’Assemblée fragmentée et plongeant le pays dans le chaos institutionnel. »

Comme le Frankfurter Allgemeine Zeitung, le journal britannique rappelle que la mobilisation du 10 septembre, « Bloquons tout », est un écho au mouvement des gilets jaunes de 2018 et que ses conséquences sont pour le moment inconnues.

Malik Henni