Minneapolis : le nouveau meurtre de l’ICE

par Sébastien Lévi |  publié le 25/01/2026

Comme dans le cas de Renee Good, tuée par la police anti-immigration, les autorités ont menti froidement : Alex Pretti, infirmier et citoyen américain, a bien été abattu alors qu’il ne présentait pas de menace pour les policiers.

Des manifestants anti-ICE, à Union Square à New York, pour un rassemblement et une marche contre l’Immigration and Customs Enforcement (ICE), après qu’un agent fédéral a abattu Alex Pretti, un homme de Minneapolis, plus tôt dans la journée, le samedi 24 janvier 2026. (Photo Selcuk Acar / Anadolu via AFP)

Un homme est mort à Minneapolis le samedi 24 janvier. Son crime ? Avoir filmé la police de l’ICE en pleine action. La réaction du gouvernement américain ? Le mensonge et l’escalade verbale.

La version officielle mise en cause

Comme pour Renee Good, la propagande du régime, aidée par les « médias » complaisants comme Fox News, s’est mise en marche immédiatement, en présentant la victime comme menaçante et prête à utiliser l’arme qu’il portait sur lui (légalement) contre les agents qui étaient en position de « légitime défense ». Stephen Miller, le véritable Raspoutine de Trump, devait même qualifier la victime de « terroriste domestique », comme l’administration l’avait fait avec Renee Good.

Or les images ne laissent aucune place au doute. L’homme brandit son téléphone, puis est violemment mis à terre et tabassé par huit agents, et enfin abattu de neuf balles. Son arme n’apparaît qu’après son exécution, brandie par l’ICE pour justifier a posteriori son exécution. Là encore, il ne s’agit pas d’une bavure, mais d’un mode opératoire, conséquence d’un permis de terroriser et de tuer délivré par les autorités aux agents de l’ICE pour prévenir toute résistance future.

Vers une escalade politique et sécuritaire

Selon toutes probabilités, le gouvernement américain persistera dans le mensonge et dans l’escalade dans les prochains jours. Trump et sa clique vénèrent le chaos et la violence : ils disposent non seulement du pouvoir de l’armée, mais ils savent aussi que la majorité des 400 millions d’armes à feu en circulation aux États-Unis sont aux mains de leurs partisans. Ces images de villes démocrates à feu et à sang, opposant des « citoyens gauchistes défendant des criminels étrangers illégaux » contre les forces de l’ordre qui « défendent les braves citoyens », font de la « bonne télévision », pour reprendre les propos tenus par Trump après qu’il a humilié Zelensky dans le Bureau ovale.

Les villes américaines risquent de subir une à une ce que le Capitole a subi le 6 janvier : une attaque par des miliciens armés n’obéissant à aucune loi, si ce n’est celle du plus fort. Une évolution qui pourrait précipiter les États-Unis dans la guerre civile, sachant que ces miliciens armés ne sont pas des hors-la-loi, mais forment le bras armé d’un président américain tout puissant et d’une administration hors de contrôle.

SEBASTIEN LEVI

Sébastien Lévi

Correspondant aux États-Unis