Montpellier : une « complice du mal »

par Boris Enet |  publié le 10/11/2025

L’ouvrage de Omar Youssef Souleimane, Les complices du mal, révélait il y a peu l’ampleur des liens entre Insoumis et islamistes. Ennemie acharnée du maire Michaël Delafosse, la députée LFI Nathalie Oziol illustre parfaitement l’ouvrage.

La députée LFI Nathalie OZIOL, lors de la séance de Questions au Gouvernement, Assemblée Nationale, le 5 novembre 2024. (Photo Arthur N. Orchard / Hans Lucas via AFP)

Le négationnisme a longtemps été le monopole de l’extrême-droite, qui contestait ou minimisait la réalité des crimes nazis, satisfaisant ainsi la partie la plus radicale de ses soutiens. Depuis le 7 octobre, le phénomène s’est aussi répandu au sein de l’extrême-gauche, dans le but de minimiser l’ampleur des crimes de l’islamisme au nom de transparents calculs électoraux.

C’est ainsi que Nathalie Oziol, députée LFI qui combat sans relâche le maire PS de Montpellier, Michaël Delafosse, l’accuse de « stigmatiser » les musulmans en parlant de l’assassin de Samuel Paty comme d’un « fanatique musulman », en dépit des multiples enquêtes montrant que le terroriste adhérait bien à une vision radicale et fanatique de l’islam. La députée a ainsi suscité une réaction de l’avocate de la sœur de Samuel Paty : « Vous prétendez vouloir “réaxer” le débat : le premier axe madame, consiste à nommer les faits tels qu’ils sont et de voir la menace tel qu’elle est. (…) Vous soutenez qu’il ne faudrait pas “stigmatiser” les fanatiques musulmans. Mais les qualifier ainsi n’est pas une stigmatisation : c’est un devoir de lucidité », écrit Carine Chaix, dans un communiqué le 6 novembre.

On ne compte plus les enquêtes qui, du Nord de la France jusqu’aux bords de la Méditerranée, détaillent une proximité assumée avec les promoteurs de l’Islam radical, le plus souvent issus de la mouvance frériste. En 2024, dans un article intitulé, Les liaisons dangereuses de LFI, nous évoquions déjà le phénomène. Durant l’été 2025, nous signalions l’attitude du député insoumis Rodrigo Arenas, ancien représentant FCPE, qui souhaitait revenir sur la circulaire de Gabriel Attal contre le port de l’abaya à l’école. Et encore, était-ce bien avant les propos inqualifiables d’une partie de la direction insoumise sur la « résistance » des milices du Hamas au lendemain du 7 octobre 2023 ou ceux, insidieusement ciselés, de Jean-Luc Mélenchon dans ses notes de blog à propos de son ancien camarade Jérôme Guedj. Exhumée, cette vidéo de l’été 2024, partagée sur une boucle WhatsApp « Oumma Montpellier », confirme la chasse ouverte à l’électeur musulman qui essentialise les populations des quartiers populaires à des fins cyniquement électorales.

Dans sa défense, embarrassée par la vidéo publiée par nos confrères de Libération, Nathalie Oziol active désormais la haine complotiste à l’égard de la presse. Là encore, tactique assumée : s’inscrivant dans les pas de Jean-Luc Mélenchon, dont on ne compte plus les insultes, humiliations et passes d’arme à l’encontre des journalistes, elle qualifie ainsi Charlotte Belaïch, journaliste à Libération, de « menteuse récidiviste ». Déboutés par la justice après l’échec de l’interdiction de La Meute ou des Complices du mal, le gourou et ses fidèles n’ont d’autres choix que de jeter l’opprobre sur ceux qui informent. C’est le second point de ralliement avec les méthodes de l’extrême-droite, par la promotion d’une « vérité alternative ».

Dans son communiqué, le maire de Montpellier « invite la gauche à ne jamais tourner le dos à son engagement en faveur de la laïcité » rappelant qu’ « il s’agit d’une infidélité profonde aux valeurs de la gauche, qui a toujours combattu ceux qui affirment la supériorité du dogme religieux sur les lois de la République. » Comme l’extrême-droite a entretenu des liens incestueux avec l’intégrisme catholique, LFI entretient des liens assumés avec l’intégrisme musulman, sans égard pour les victimes du fanatisme religieux ici et ailleurs, sans égard pour des enseignants qui peinent au quotidien à faire vivre les idéaux de fraternité universelle, de laïcité, 120 ans après la loi de 1905, sans égard pour ce qui constitua le socle commun des gauches depuis la grande révolution.

La députée de la seconde circonscription de Montpellier confirme ainsi que LFI est à la gauche ce que le RN est à la droite. Longtemps, la droite républicaine avait su construire une digue à l’égard des descendants de Pétain, cela n’est plus. La gauche, qu’elle soit gouvernementale ou protestataire, est-elle encore en capacité d’élever une digue à l’encontre de ceux qui la déshonorent et rendront impossible, demain, la réactivation d’un nécessaire front républicain ?

Boris Enet