Municipales : les Verts mûrs pour l’implosion

par Boris Enet |  publié le 31/01/2026

Sous la conduite de Marine Tondelier qui multiplie les exercices de communication au détriment de la vraie politique, les écologistes sont au bord de l’éclatement. Entre gauche de gouvernement et rupture populiste, le petit parti aux 5 000 votants ne sait plus à quel saint se vouer.

Marine Tondelier, secrétaire nationale du parti de gauche Les Écologistes, tracte lors de la campagne d'un candidat local dans une rue de Tours en vue des prochaines élections municipales, le 24 janvier 2026. (Photo ROMAIN PERROCHEAU / AFP)

Depuis une semaine, Les Écologistes vivent un pandémonium : on ne compte plus les désistements, les déclarations fracassantes, les invectives et les démissions… Dans un article de février 2025, nous annoncions déjà la déchirure amorcée. Elle se confirme sous nos yeux.

La formation EELV a longtemps fait partie du paysage de la gauche républicaine. Les figures de Dominique Voynet, Daniel Cohn-Bendit, Yannick Jadot et Cécile Duflot étaient parvenues à ancrer le thème de l’écologie politique au cœur d’une gauche longtemps productiviste. Nombreux étaient ceux qui moquaient l’incapacité des Verts à faire leur mue vers une culture de gouvernement qui les sorte de la simple posture protestataire des années 1970. Mais, à la l’instar des Grünen allemands et d’autres, moins en vue en Europe, ils avaient fini par adopter une stratégie responsable.

En 2020, dans un contexte singulier, celui de la pandémie et d’une faible participation écartant les électeurs les plus âgés, ils avaient conquis quelques grandes métropoles. Certains commentateurs annonçaient même la fin de l’hégémonie de la gauche socialiste sur les grands pôles urbains, au bénéfice de ces nouveaux venus.

Fin des illusions : l’orientation floue portée par sa patronne à la veste verte, entre opportunisme et radicalité, débouche sur la déliquescence. Désormais considéré comme un proxy de LFI, le parti écologiste paie son ambiguïté au prix fort. À Nantes, Avignon, Montpellier ou Paris, les dissensions se multiplient. À force d’indécision et de confusion, Marine Tondelier se retrouve à la tête de militants écartelés entre deux orientations incompatibles.

Montpellier, symbole des fractures vertes

À Montpellier, Jean-Louis Roumégas, vieux roublard de la politique, voit les défections se multiplier : d’un côté, certains écologistes rejoignent l’union de la gauche conduite par le maire sortant Michaël Delafosse, les autres convolent avec la députée insoumise Nathalie Oziol décidée à faire perdre la gauche. À la tête d’un « printemps montpelliérain » qui évoque plutôt les rigueurs de l’hiver, Roumégas est désormais contraint de consulter quelque 400 militants dont les cartes sont fort récentes et souvent tombées du ciel. Déjà les écologistes solidaires de l’union de la gauche ont été suspendus : Marine Tondelier ne partage pas seulement les idées de LFI, mais aussi ses manières expéditives. Même Sandrine Rousseau s’en est émue… c’est dire.

Derrière ce naufrage collectif se joue malheureusement une partie de l’avenir de la gauche. La démission de Julia Mignaca de la présidence du conseil fédéral et d’EELV, dans un timing parfaitement réfléchi pour rejoindre LFI, met en lumière deux orientations antinomiques : la structuration d’un pôle décroissant et désormais « municipaliste » un côté, de l’autre les partisans d’une croissance verte et d’un développement durable à bonne échelle.

Ces Verts passés au rouge ignorent les mutations internationales et la nécessité d’une économie ouverte et régulée, pour se recroqueviller sur des économies administrées et communales, à la manière des premiers socialistes utopiques du XIXe siècle. Un aveuglement dangereux dans un contexte international périlleux, à un an d’une présidentielle dont le Rassemblement National est le favori. Les Écologistes sont une nouvelle fois à la croisée des chemins : celui du ralliement aux hordes insoumises, ou celui de la résurrection d’une gauche de gouvernement, seule capable d’éviter le chaos.

Boris Enet