Picsou et les Bit-Coincoins
Oncle Picsou, le plus célèbre millionnaire des albums d’enfants, fait son retour à l’ère de l’économie 2.0, celle des cryptomonnaies et des réseaux sociaux. Un récit pétillant, qui ne nécessite même pas de casser sa tirelire !
Imaginez Picsou plongeant dans son immense coffre-fort rempli d’or pour profiter de son bain de jouvence quotidien … mais la piscine est vide, tout a disparu. Ce ne sont pas les Rapetous et autres malfrats qui ont dévalisé le vieil oncle radin et cupide, mais sa propre passion pour les bitcoins, ou plutôt les « Bit-Coincoins » comme s’appelle la cryptomonnaie de Donaldville…
Telle est la proposition de départ de ce nouvel album aux éditons Glénat, qui revisite un vieux thème enfantin agrémenté d’allusions modernes, de clins d’œil et de coups de griffe. Un art dans lequel excelle le scénariste Jul, (notamment dans Lucky Luke et « 50 Nuances de Grecs » ou encore « Silex et the city »), mais dont la proposition pouvait paraître plus périlleuse dans un album au propos aussi juvénile, voire puéril, qu’un Picsou. Il s’agit en effet d’amuser les plus petits, dès 5 ou 6 ans, tout en vulgarisant des notions sommes toutes pointues sur les nouvelles technologies, à l’intention des grands-parents qui liront l’album le soir au bord du lit. Le tout en faisant sourire les plus avertis par des jeux de mots et autres allusions grinçantes à notre époque. L’équilibre est délicat à trouver à partir d’un classique de Disney aussi éculé, et pourtant cela fonctionne.
Ainsi Picsou, ruiné, va vouloir se refaire en devenant une « célébrité » avec un film absurde, qui par snobisme intellectuel se voit sélectionné au festival de Canes (avec un seul N). Dans les pages les plus drôles de l’album, il y croise le scénariste Yack Audiard, l’actrice Antilope Cruz et le comédien Jean Dubabouin, qui adore faire le singe… Une aventure improbable, qui rajeunit le genre et offre une satire sociale très réussie.
« Picsou et les Bit-Coincoins », scénario de Nul, dessin de Nicolas Keramidas, 48 pages, 11 euros 50 aux éditons Glénat.



