Pour l’ouverture des États généraux de la France

par Valérie Cohen |  publié le 03/10/2025

Sous l’impulsion de l’ancien haut fonctionnaire Pierre Calame, un collectif de plus de 200 personnalités adresse une lettre à Matignon pour l’organisation d’un vaste débat citoyen autour de la justice sociale, de notre modèle économique et du climat.

Ouverture des États généraux à Versailles le 5 mai 1789, 1839 (huile sur toile). Séance inaugurale des États généraux, 578 députés du tiers état. Artiste : Couder, Louis-Charles-Auguste (1790-1873) Date : 1839 (XIXe siècle). (Photo : Bridgeman Images via AFP)

Le 18 octobre 2024, les membres de ce collectif, parmi lesquels Dominique Bourg ou la députée écologiste Dominique Voynet, avaient lancé dans une tribune au « Monde », un appel citoyen pour l’organisation d’États Généraux de la société française, processus déjà expérimenté avec succès dans l’Histoire de France, quand le pays s’est trouvé dans l’impasse, comme c’est indéniablement le cas aujourd’hui.

Ce collectif créé sous l’impulsion de Pierre Calame – ancien haut fonctionnaire français du ministère de l’Équipement, auteur de plusieurs essais sur le rôle de l’État dans la société contemporaine, Président honoraire du Conseil de la Fondation Charles Léopold Mayer pour le Progrès de l’Homme – revient aujourd’hui à la charge à travers une lettre ouverte adressée au Premier Ministre fin septembre 2025 pour demander l’ouverture de ces états généraux à partir des cahiers de doléances ouverts en 2019, qui ont témoigné du désir des citoyens d’exprimer leurs préoccupations et de faire valoir leurs propositions.

Ce socle précieux peut constituer le point de départ d’un travail collectif plus large.
De nombreuses expériences de démocratie délibérative ont déjà montré que des citoyens « ordinaires », lorsqu’ils disposent du temps, de l’information et de l’écoute nécessaires, sont capables d’aborder des enjeux complexes et de parvenir à des consensus éclairés.
« Monsieur le Premier ministre, vous avez vous-même souligné que la justice sociale et fiscale est au cœur des attentes des Français. Répondre à ce besoin légitime sera un premier pas indispensable. Mais, au-delà, il s’agit de transformer l’indignation en force constructive : inviter les citoyens à écrire ensemble l’avenir de la France, à dire dans quelle démocratie et dans quel monde ils veulent vivre. C’est à la fois possible, attendu, et porteur d’un immense espoir », écrivent notamment les auteurs de cette lettre.

Les États généraux du XXIe siècle pourraient s’organiser en deux temps : d’abord, par le biais de conventions citoyennes dans les territoires qui donneraient toute leur place aux jeunes, s’appuyant sur des réalités vécues et sur la richesse des initiatives locales, pour aborder les questions les plus brûlantes : le climat, l’éducation, la santé, l’alimentation, le logement. Ces conventions citoyennes s’élargiraient ensuite aux grands défis de notre siècle, tels que la réforme du modèle économique, les mutations de la gouvernance, les valeurs communes sur lesquelles fonder le contrat social, le dialogue entre les sociétés face à des interdépendances irréversibles. Et enfin avec une grande synthèse nationale dont l’organisation pourrait être confiée au CESE (Conseil Économique Social et Environnemental). »

Il faut créer un vaste mouvement citoyen pour exiger la mise en place de ce processus de consultation. Vous pouvez dès aujourd’hui apporter votre soutien en signant la lettre du collectif au Premier ministre.

Valérie Cohen

Ecologie-Environnement