PS : 1 ; LFI : 0

par Laurent Joffrin |  publié le 15/10/2025

Le compromis accepté par Sébastien Lecornu consacre le succès de la voie sociale-démocrate choisie par le PS et le nouvel échec des postures radicales de LFI et des Écologistes.

portrait de Laurent JOFFRIN (Photo Philippe-Matsas, 2020)

La ligne Hollande-Léon l’emporte ; la ligne Mélenchon-Le Pen est battue. Depuis l’origine, la CFDT prône la négociation ; dès la fin de l’été, l’ancien président socialiste François Hollande préconisait le compromis : ils ont fini par l’emporter. Voyant peu d’avantages à une dissolution et beaucoup à son émancipation de la tutelle LFI, le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, après avoir longuement hésité, a fini par opter pour la seule solution rationnelle, obtenir la suspension de la réforme en échange de la non-censure.

Le chœur des inquisiteurs de la gauche radicale l’accuse de sauver Lecornu et le macronisme. Ce qu’ils oublient de dire, c’est que le renversement du gouvernement suivi d’une dissolution n’aurait pas abouti à la suspension de la réforme des retraites. Bien au contraire, celle-ci serait restée en place.

La nouvelle assemblée l’aurait-elle abrogée ? C’est fort peu probable : il aurait fallu pour cela que la gauche obtienne une majorité absolue, chose invraisemblable compte tenu de l’actuel rapport des forces. Les élections auraient abouti à une nouvelle chambre ingouvernable, ou bien à un gouvernement RN élargi aux supplétifs recrutés au sein de la droite. Exactement le contraire de ce que souhaite l’électorat de gauche. En choisissant la censure, comme le RN, la gauche radicale va donc voter pour le maintien de la réforme des retraites dont elle exige l’abrogation. Admirable cohérence des donneurs de leçon. Comme toujours, ils demandent tout et n’obtiennent rien.

La suspension de la réforme écarte le spectre d’une nouvelle crise politique, stérile et coûteuse sur le plan économique. Mais, dira-t-on, elle ne règle rien sur le fond. C’est tout à fait juste. Comme son nom l’indique, la suspension est provisoire. La présidentielle sera l’occasion d’un nouveau débat, au terme duquel la question sera tranchée par le vote des Français.

Ce qui nous ramène à des réalités revêches : le système est déséquilibré et il fait peser un poids trop lourd sur les actifs Il faudra bien trouver une solution qui réduise le déficit sans alourdir la charge des salariés, tout en tenant compte des différences d’espérance de vie selon les métiers.

Encore une fois, c’est la CFDT, par la voix de Marylise Léon, qui montre le chemin : celui de la retraite à points, qui évite la définition d’un « âge-couperet », laisse à chacun le choix de sa date de départ, corrige les inégalités d’espérance de vie par des points supplémentaires et permet d’ajuster le système chaque année en faisant varier la valeur du point (comme dans le système AGIRC-ARCCO déjà existant et qu’on oublie toujours de mentionner). Après maintes palinodies, après maintes postures martiales, on revient donc à la voie sociale-démocrate, qu’on affecte de tourner en dérision, mais qui est la seule conforme aux intérêts des travailleurs.

PS : 1 ; LFI : 0

Le compromis accepté par Sébastien Lecornu consacre le succès de la voie sociale-démocrate choisie par le PS et le nouvel échec des postures radicales de LFI et des Écologistes.

La ligne Hollande-Léon l’emporte ; la ligne Mélenchon-Le Pen est battue. Depuis l’origine, la CFDT prône la négociation ; dès la fin de l’été, l’ancien président socialiste François Hollande préconisait le compromis : ils ont fini par l’emporter. Voyant peu d’avantages à une dissolution et beaucoup à son émancipation de la tutelle LFI, le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, après avoir longuement hésité, a fini par opter pour la seule solution rationnelle, obtenir la suspension de la réforme en échange de la non-censure.

Le chœur des inquisiteurs de la gauche radicale l’accuse de sauver Lecornu et le macronisme. Ce qu’ils oublient de dire, c’est que le renversement du gouvernement suivi d’une dissolution n’aurait pas abouti à la suspension de la réforme des retraites. Bien au contraire, celle-ci serait restée en place.

La nouvelle assemblée l’aurait-elle abrogée ? C’est fort peu probable : il aurait fallu pour cela que la gauche obtienne une majorité absolue, chose invraisemblable compte tenu de l’actuel rapport des forces. Les élections auraient abouti à une nouvelle chambre ingouvernable, ou bien à un gouvernement RN élargi aux supplétifs recrutés au sein de la droite. Exactement le contraire de ce que souhaite l’électorat de gauche. En choisissant la censure, comme le RN, la gauche radicale va donc voter pour le maintien de la réforme des retraites dont elle exige l’abrogation. Admirable cohérence des donneurs de leçon. Comme toujours, ils demandent tout et n’obtiennent rien.

La suspension de la réforme écarte le spectre d’une nouvelle crise politique, stérile et coûteuse sur le plan économique. Mais, dira-t-on, elle ne règle rien sur le fond. C’est tout à fait juste. Comme son nom l’indique, la suspension est provisoire. La présidentielle sera l’occasion d’un nouveau débat, au terme duquel la question sera tranchée par le vote des Français.

Ce qui nous ramène à des réalités revêches : le système est déséquilibré et il fait peser un poids trop lourd sur les actifs Il faudra bien trouver une solution qui réduise le déficit sans alourdir la charge des salariés, tout en tenant compte des différences d’espérance de vie selon les métiers.

Encore une fois, c’est la CFDT, par la voix de Marylise Léon, qui montre le chemin : celui de la retraite à points, qui évite la définition d’un « âge-couperet », laisse à chacun le choix de sa date de départ, corrige les inégalités d’espérance de vie par des points supplémentaires et permet d’ajuster le système chaque année en faisant varier la valeur du point (comme dans le système AGIRC-ARCCO déjà existant et qu’on oublie toujours de mentionner). Après maintes palinodies, après maintes postures martiales, on revient donc à la voie sociale-démocrate, qu’on affecte de tourner en dérision, mais qui est la seule conforme aux intérêts des travailleurs.

Laurent Joffrin