PS : stop ou encore
Le vote du 5 juin pour l’élection du Premier secrétaire du PS peut tout changer à gauche.
La paralysie ou le sursaut : tel est l’enjeu.
PAR RITA MAALOUF
Olivier Faure est maintenant minoritaire dans les instances de décision du PS. Toutes ses propositions se heurteront au fait que 58 % du PS n’a pas voté pour le Premier secrétaire sortant, et le résultat du vote de jeudi prochain ne changera pas cette donne. Il faut donc une nouvelle direction, celle de l’union des 58 % qui ont fait défaut à l’actuel patron du PS.
Certes, Boris Vallaud a déclaré vouloir voter pour Olivier Faure après avoir laissé le libre choix à ses amis. Il n’est pas mécontent que d’autres voix se prononcent pour Nicolas Mayer-Rossignol.
Cet équilibre n’a qu’un but : préparer son offensive lors de la désignation du candidat du PS à la présidentielle. S’il ne trouve pas un moyen de s’unir avec les opposants de Faure, il ne pourra gagner. Il le sait, mais il ne peut se couper de ceux qui ont suivi Faure depuis sept ans, comme lui.
Le côté critique de sa position se résume ainsi : sans Mayer-Rossignol, il ne peut espérer être candidat des socialistes. Les sociaux-démocrates, sans Boris Vallaud, ne peuvent maintenant espérer l’emporter et changer le PS. Or cela est possible, car les convergences sont nombreuses.
Ensemble, nous estimons que le PS n’a pas travaillé et nous voulons un nouveau projet socialiste.
Ensemble, nous estimons que le PS a perdu son identité.
Ensemble, nous constatons que le PS ne forme plus ses militants.
Ensemble, nous pensons que le PS n’a plus de forces militantes.
Ensemble, nous voulons moderniser le PS, qui est incapable d’instaurer un vote électronique, par exemple.
Ensemble, nous pointons que les municipales vont être catastrophiques, vu le faible nombre de candidats, l’absence de stratégie et de programme.
Enfin, ensemble, nous voulons un candidat socialiste. Mais, nous divergeons sur la suite.
Vallaud souhaite que ledit candidat prenne part à la primaire sans Mélenchon, tandis que nous préconisons une autre voie : une fois notre candidat sélectionné, laissons les militants décider s’il sera désigné comme « candidat à la primaire » ou « candidat à l’élection présidentielle ».
En attendant, nous sommes d’accord pour construire un programme commun pour les prochaines législatives, pour une gauche sans Mélenchon.
Favoriser la reconduction d’Olivier Faure, c’est tout à la fois choisir l’immobilisme, car il manquera de majorité, quelles que soient ses propositions et le maintenir dans une situation de prétendant naturel à la présidentielle.
Alors, ne sommes-nous pas obligés de travailler ensemble ? Ne serait-il pas préférable que nous unissions nos forces et que nous mettions en commun nos compétences pour atteindre nos objectifs communs ? Ce n’est pas une question de boutique, d’appareil ou de politique politicienne. Dans un pays caractérisé par des déficits importants, une politique inégalitaire, un taux élevé de chômage et une pauvreté généralisée, ainsi qu’une orientation politique de plus en plus marquée à droite sur les questions identitaires, le risque de voir l’extrême droite remporter les élections est lié à sa popularité croissante. Il est également en lien avec la division de la droite et son adoption progressive des thèmes du Rassemblement national.
Les seuls capables de proposer un nouveau projet politique pour le pays et de se qualifier pour le second tour en s’appuyant sur le rejet de Mélenchon et l’impossibilité de Macron de se représenter, sont les socialistes.
Alors, dans ces conditions, la solution Nicolas Mayer-Rossignol s’impose dans un accord incontournable avec Boris Vallaud.
Rita Maalouf
Membre du Conseil national du PS – TO-C



