Renaissance ou agonie du PS

par Laurent Joffrin |  publié le 25/05/2025

Le sursaut, ou bien la lente décadence ? Mardi les adhérents du Parti socialiste devront choisir entre ces deux voies ; rarement dans l’histoire du socialisme français décision fut aussi importante.

Laurent Joffrin

Enfermés dans une stratégie d’alliance avec LFI qui est comme une tunique de Nessus, les dirigeants du PS ont voué leur parti au rôle de supplétif embarrassé, qui dénonce le populisme mais cherche son approbation, donnant de leur formation l’image d’une gauche molle et incertaine, qui chemine tête basse dans l’ombre portée de Jean-Luc Mélenchon.

Les résultats ? Une attrition régulière du nombre de militants, une force électorale réduite, une doctrine floue noyée dans un programme commun largement décalqué du projet insoumis, une présence intermittente dans la vie nationale, réduite aux seuls moments ou la direction, excédée par les intempérances de LFI, finit par s’y opposer, tout en maintenant la fiction d’une union possible avec cette grosse secte qui ne rêve que de le détruire. En un mot, un parti de gouvernement qui regrette d’avoir gouverné et qui semble décidé à ne plus le faire.

On dira que les dernières législatives, abordées sous l’étendard du Nouveau Front Populaire, ont permis de sauver les meubles. C’est au prix de l’effacement public et de la soumission idéologique à une plate-forme obsolète dès son apparition, désormais rendue totalement hors-sol par les récents développements de la crise géopolitique, économique et financière. À dire vrai, c’est quand le PS a soutenu le candidat Glucksmann à l’élection européenne, sur une ligne franchement sociale-démocrate, qu’il a retrouvé un début de souffle et un score plus conforme à son rôle historique.

Sur cette lancée, le PS peut renaître. Rénover sa doctrine et son projet, unir les socialistes de l’intérieur et de l’extérieur, rompe avec toute complaisance communautariste et – a fortiori – antisémite, porter haut les valeurs de justice sociale, d’égalité, de sécurité, d’écologie, d’universalisme et de laïcité, regarder en face ces défis urgents que sont le déclin de l’industrie française, le boulet de la dette, les contraintes de la mutation écologique et les menaces des empires. À ces conditions impératives, un grand parti du redressement français et de la justice sociale peut émerger de l’effort collectif lancé par le congrès. Socialistes, encore un effort pour redevenir réformistes ! Et rendre ses chances à la gauche.

Laurent Joffrin