Sarkozy admet

par Laurent Joffrin |  publié le 27/11/2025

Condamné définitivement par un arrêt de la Cour de Cassation dans l’affaire Bygmalion, Nicolas Sarkozy a « pris acte » de la décision judiciaire. Raisonnable attitude, qui invalide la campagne scandaleuse que ses soutiens ont menée contre la justice française.

portrait de Laurent JOFFRIN (Photo Philippe-Matsas, 2020)

La sagesse vient avec l’expérience… Depuis le début de son marathon judiciaire – née de l’abondance de ses dérapages – Nicolas Sarkozy avait choisi de répandre la fable d’un complot ourdi contre lui par des « juges rouges » acharnés à sa perte.

Mais il arrive toujours un moment où les mensonges les plus grossiers finissent par apparaître comme tels. C’est ce qu’il a compris en entendant la septième décision rendue à son encontre par la justice française : sept tribunaux différents, composés de magistrats étrangers les uns aux autres, de droite et de gauche, d’un syndicat ou d’un autre, d’une opinion ou d’une autre, ont estimé qu’il était coupable dans trois affaires distinctes. Face à une telle répétition, produite par sept tribunaux différents, la fable ne tient plus. Il a donc « pris acte » de l’arrêt de la Cour de Cassation, sans relancer la campagne organisée par ses zélotes, qui soutenaient l’invraisemblable thèse d’une nouvelle affaire Dreyfus dans la France de 2025.

Il est donc établi que l’ancien président a bien tenté de corrompre un magistrat pour obtenir des informations sur l’affaire qui le concernait, et qu’il a triché lors de l’élection présidentielle en dépassant de 100% (soit un doublement) le montant des dépenses qu’il était autorisé à consentir pour se faire élire. On entend bien qu’il n’a tué personne et qu’aucun argent n’est tombé dans sa poche au cours de ces péripéties. Mais enfin… La loi est la loi et le président de la République – on l’oublie parfois quand on parle de Sarkozy – en est l’instigateur et le garant. Comment pouvait-il espérer un jugement favorable ?

Tout cela plonge dans un profond silence tous les gogos ou les affidés qui ont défendu le coupable avec une énergie farouche. Ainsi cette mise en scène de l’iniquité supposée était purement tactique. Ainsi les philippiques adressées à la justice n’étaient que postures opportunistes d’amis ou de courtisans. Désavouant ses obligés, revenant à un début de raison, Nicolas Sarkozy « prend acte ». Il accepte donc la loi républicaine et renonce – apparemment – à mener campagne contre la justice de son pays. Peut-être lui revient-il à l’esprit qu’il était par ses fonctions, es qualité, l’un des piliers des institutions républicaines.

Laurent Joffrin