Tondelier 2027 : l’essentiel c’est de participer

par Boris Enet |  publié le 24/10/2025

La candidate écologiste, éternellement en campagne, vient d’annoncer sa candidature à la magistrature suprême. Une mauvaise plaisanterie qui marginalisera encore un peu plus un mouvement jadis indispensable, au détriment des écologistes authentiques.

Marine Tondelier, secrétaire nationale du parti de gauche écologiste, pose avant une interview pour le journal télévisé de TF1 après l'annonce de sa candidature à l'élection présidentielle de 2027, le 22 octobre 2025. Sa candidature passera par une désignation officielle de son parti début décembre et une primaire de gauche en préparation. (PHOTO LUDOVIC MARIN / AFP)

Marine Tondelier excelle dans la saturation de l’espace médiatique. Lorsqu’elle n’occupe pas les écrans à ranimer le NFP – pas plus nouveau que populaire, et dont le front est affaissé – elle prône l’unité qu’elle ne respecte pas elle-même. On ne compte plus les municipalités où, sous sa houlette, ces Verts décidément daltoniens font cause commune avec les troupes de Mélenchon contre la gauche, lui disputant un créneau devenu commun. Faisant fi des réalités arithmétiques du Palais-Bourbon, Marine Tondelier emprunte parfois les éléments de langage au chef de la meute, jusqu’aux pratiques internes devenues expéditives dans sa propre formation. Si une cheffe, ça doit cheffer, l’égérie d’EELV a fait ses preuves, en dépit d’un parti marginalisé, abandonnant son cœur de cible pour se déporter vers des sujets manifestement moins bien maîtrisés.

Chacun gardera en mémoire les déclarations récentes pour le moins maladroites sur la flottille de la liberté en route pour Gaza, à l’unisson des inepties répandues de Sandrine Rousseau sur les femmes en Iran ou la laïcité, pour ne citer que celles-là. Avec 5000 votants au dernier congrès du parti, Marine Tondelier possède une autre qualité : elle n’a peur de rien. Les militants historiques sont partis sur la pointe des pieds, la frange la plus réformatrice s’est retirée quand elle n’a pas été exclue, les récents scrutins circonscrivent les Verts à 5% dans le cas le plus favorable mais Marine Tondelier est l’élue. Guidée par un égo surdimensionné, elle écrit même le scénario d’une primaire qui ne se tiendra ni avec Jean-Luc Mélenchon ni avec Raphaël Glucksmann.

Verte veste et punchlines surjouées, elle est parvenue à faire oublier les figures de Cohn-Bendit, Voynet, ou Jadot. Marine Tondelier est devenue un produit télévisuel en orbite. Elle peut continuer à exister, indépendamment des réussites de ses maigres troupes aussi longtemps que la gauche républicaine de gouvernement n’est pas en ordre de bataille derrière son candidat. Assurée de prendre une veste, l’écologie attendra.

Boris Enet