Un pontificat complexe, mais innovant

par Marcelle Padovani |  publié le 08/05/2025

Suite à une journée pluvieuse soudain ensoleillée, tout était au rendez-vous ce jeudi à 18 heures sur la place Saint-Pierre : les ovations, les goélands, les drapeaux rouges, les cloches et évidemment la fumée blanche. Et pourtant.  

Léon XIV, Robert Prévost, au balcon de la basilique Saint-Pierre, après la fin du conclave des cardinaux, au Vatican, le 8 mai 2025. Il a été élu jeudi premier pape américain. Modéré et missionnaire de longue date au Pérou, il devient le 267e pontife. (Photo d'Andrej ISAKOVIC / AFP)

Après seulement quatre scrutins, « l’Habemus papam » couronnait l’américain Robert Francis Prevost, celui que les spécialistes du Vatican appellent le « pragmatique missionnaire de Chicago ». À soixante-neuf ans, d’origines française et espagnole, il supervisait les évêques du monde entier depuis 2023. Collaborateur intime du pape François, le voilà devenu officiellement son héritier.

Le Conclave aura donc fait preuve d’une rapidité et d’une unité surprenantes. Mais, comme disait François : « rapidité et unité ne signifient nullement uniformité ». Il s’agira alors, au-delà de l’expérience, d’affronter la chute persistante des croyants, la crise continue des vocations, et le souci de revanche de la Curie qui a été maltraitée ou pour le moins ignorée par son prédécesseur.

Le prochain pontificat s’annonce complexe, mais innovant. Ainsi, l’archevêque Gianfranco Ravasi a évoqué « la sobriété et la collégialité » du règne à venir. Quand François avait l’habitude de se passer des avis des évêques, des archevêques et des cardinaux, comment règnera Léon ?   

Quoi qu’il en soit, sur la place Saint-Pierre, les pèlerins et touristes américains ont ri de ce choix : « Si une personne risque d’être choquée par cette décision, c’est bien Donald Trump – un pape sobre, pacifique et a priori prêt au dialogue, ce n’est pas vraiment ce dont il rêvait ».

Marcelle Padovani

Correspondante à Rome