La droite rit, la gauche pleure
En prenant la tête de LR, Bruno Retailleau a créé une dynamique qui le hisse jusqu’à 17 % dans le dernier sondage Harris Interactive pour l’élection présidentielle. Par contraste, la bataille du congrès socialiste reste bien poussive.
Et revoilà Sarko ! Tel un diable hors de sa boîte, l’ancien président, qu’on avait pris l’habitude de voir plutôt dans les prétoires, a surgi aux côtés du nouveau chef de LR. Le boss est de retour, se réjouissent les afficionados. Que cette présence bénéficie ou non à Retailleau, elle symbolise le retour en scène du parti gaulliste.
Difficile de nier que l’irruption de Bruno Retailleau suscite l’intérêt. Comme Nicolas Sarkozy, il a joué la carte Beauvau pour émerger et flirté avec les électeurs du Rassemblement National pour s’imposer. Stratégie payante : en neuf mois seulement, Bruno Retailleau est entré en force dans les sondages présidentiels. Le dernier Harris Interactive le crédite de 12 à 17% des intentions de vote selon les configurations, une hausse de 5 à 10 points depuis son intronisation à LR. Certes, le chemin est long et semé d’embûches ; il reste largement devancé par Edouard Philippe pour figurer au second tour face au Rassemblement National. Mais l’espoir est là : désormais un présidentiable LR figure parmi les candidats crédibles.
Rien de cela à gauche. Il ne reste guère plus de deux semaines aux candidats en lice pour prendre le 5 juin la tête du Parti socialiste. Pour l’heure, rien de saillant ne ressort. L’intense campagne que mène Olivier Faure sur le terrain pour conserver son poste de Premier secrétaire lui aurait permis, assure-t-on, de regagner une partie de son retard face à la coalition de ses adversaires que dirige Nicolas Mayer-Rossignol. De son côté, le maire de Rouen ne démérite pas et tente de montrer qu’avec de l’ancien on peut faire du neuf. Mais la présence nouvelle à ses côtés de Carole Delga, Philippe Brun, Jérôme Guedj et Karim Bouamrane ne suffit pas à provoquer un choc d’intérêt, d’autant que l’affrontement Faure – Mayer-Rossignol au Congrès de Nancy s’est déjà joué à Marseille.
Ajoutons que ni l’un ni l’autre n’apparaît dans aucun sondage comme présidentiable pour la bonne raison que les sondeurs ont choisi de tester comme candidat socialiste Raphaël Glucksmann même s’il préside …. Place Publique avec la ferme intention de ne pas se mêler du Congrès du Parti socialiste. Glucksmann installe son camp en faisant aussi bien que Jean-Luc Mélenchon, mais il ne se situe pour l’heure qu’en quatrième position à 10-11 %.
Bref, si le combat des chefs repointe le bout de son nez à droite, c’est morne plaine à gauche. La complexité – voire l’obsolescence – du mode de scrutin rend incompréhensible au citoyen la bataille qui se joue au Congrès du PS. Ce que retiennent surtout les journalistes, c’est qu’il faudra lors du vote vérifier s’il n’ y a pas eu de fraudes…
La concomitance des deux campagnes politiques, celle des LR à droite et celle des socialistes à gauche, est un coup de semonce : certes les programmes politiques comptent mais ce sont les incarnations qui donnent l’envie aux électeurs. Or il y a pléthore à droite et, à gauche, pénurie.



