4 vœux pas pieux pour 2024

par Jean-Paul de Gaudemar |  publié le 06/01/2024

Vingt-quatre, comme le nombre d’heures de la journée, de Caprices de Paganini, d’albums de Tintin et  de toutes sortes d’autres vertus mathématiques, dont un X deux X trois X quatre … à vos calculettes!

Quatre vœux donc pour l’année qui vient.

1. Supprimer les inégalités scolaires.

Comment continuer à tolérer que notre magnifique système scolaire gratuit, laïque et obligatoire jusqu’à seize voire dix-huit     ans, engendre autant d’inégalités sans que la République ne tente d’y mettre un terme ? Faudra-t-il demain que nos écoles arborent sur leurs frontons « Contrainte, Inégalité, Discrimination » ? Quelles voix fortes s’élèvent aujourd’hui pour mettre en place enfin les solutions nécessaires ? En se souvenant d’une chose essentielle, le coût unitaire d’un élève bien formé va croissant. Il y a donc des arbitrages financiers difficiles à prendre. Mais c’est pourtant la base de toute paix sociale future et donc de prospérité…

2. Remettre en scène la social-démocratie.

En France, l’espace politique n’a peut-être jamais été aussi ouvert avec la faillite d’un « en même temps », simple masque du conservatisme, voire de l’institutionnalisation de la haine. L’essence de la social-démocratie, c’est le dialogue social, à tous les niveaux, en tous lieux. Celui dont il faut plus que jamais retrouver le sens. Dans ce monde d’incertitude où la science elle-même ne peut procéder qu’en termes de probabilités, seul le dialogue social combiné aux acquis des experts peut conduire aux décisions les plus justes et les plus efficaces . Cela vaut pour l’Europe et le monde, dans tous ces pays où peu à peu ni la science ni le dialogue social ne trouvent plus leur place.

3. Réaménager le territoire.

Encore une politique abandonnée, où l’État a cessé de vouloir jouer un rôle, croyant pouvoir se contenter des mécanismes de répartition ou de transferts de rentes. Résultat : des territoires se meurent. Et la décentralisation, jamais pousse » eau bout, n’a pas permis aux collectivités de prendre le relais. Un abandon qui ne concerne pas seulement les territoires ruraux mais tout autant les banlieues. Là encore un immense besoin de dialogue social et d’écoute réelle.

4. Développer l’Afrique pour elle-même.

Mettre fin à cette néo-colonisation qui domine encore les économies de ces pays. Promouvoir cette « démocratie substantive » par laquelle la richesse objective des pays bénéficiera à leurs peuples à    travers le développement durable de l’emploi dans l’industrie et les services, celui qui signera la fin des rentes accaparées par les autocraties dominantes et saura respecter le continent tout en bénéficiant de ses ressources. . L’essentiel est une sortie intelligente de la pauvreté. Sinon, le monde n’aura prouvé que la pauvreté de son intelligence. Et en paiera le lourd prix. En migrations incontrôlées, en dérèglement climatique, en révoltes et guerres.