Boris Johnson, menteur de sa majesté

par Yoann Taieb |  publié le 18/06/2023

L’ancien premier ministre Boris Johnson est reconnu coupable d’avoir délibérément menti au Parlement britannique concernant l’affaire du « partygate »

Boris Johnson pendant son auditon -Photo JESSICA TAYLOR / various sources / AFP

« Chasse aux sorcières », « tribunal fantoche », « ces conclusions de détraqués sont le point final de mon assassinat politique ». C’est ainsi que Boris Johnson, ancien Premier ministre, a qualifié le rapport parlementaire qui l’accable 3 ans après le « partygate » qui avait conduit, entre autres, à sa démission en juillet 2022.

On lui reprochait d’avoir organisé des fêtes dans son appartement privé de Downing Street alors que l’Angleterre était confinée. Scandale et répercussions politiques immédiates avec la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire, vite surnommée « comité des privilèges ». Sa conclusion est claire : Boris Johnson a « menti », a été « hypocrite » quand il tentait de « justifier les rassemblements », il a « outragé » le Parlement et a « participé à une campagne d’intimidation » contre l’institution britannique.

Les députés du comité (quatre conservateurs, deux travaillistes et un indépendant écossais) ont estimé que son cas était aggravé puisqu’il était, à l’époque, la personne la plus haute placée du gouvernement et qu’il avait donc participé à la dégradation du lien de confiance entre citoyens et responsables politiques.
Le rapport recommande même que soit retiré à Boris Johnson le privilège de tous les anciens députés, soit un accès au Parlement… à vie.

Un vote d’approbation des conclusions du rapport est prévu ce lundi 19 juin. Il ne reste à Boris Johnson que peu de soutiens dans le camp conservateur et il est à parier que peu d’entre eux se mouilleront pour lui.

Boris Johnson tombe de haut. Après avoir été le leader des conservateurs, il est devenu, en 2019, un Premier ministre puissant et populaire grâce à sa campagne pro-Brexit qui a convaincu les Britanniques de se libérer des « chaînes » et « entraves » européennes.

« Mister Brexit » n’a pu que constater que le Royaume-Uni souffre des mêmes maux que les autres pays européens, mais que sa rupture nette avec l’UE le fragilise encore plus : chute de la croissance, du PIB, une activité économique qui a du mal à se remettre et une opinion publique qui s’est retournée.

S’il voulait marquer l’histoire de son pays comme son idole Winston Churchill, le pari réussi puisqu’il est le premier ministre de l’histoire britannique à être condamné pour avoir délibérément menti au Parlement.

C’est peut-être la fin définitive de sa carrière politique, mais le début de sa nouvelle vie d’éditorialiste au Daily Mail.

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Yoann Taieb