Deauville : une Afghane sur les planches

publié le 10/09/2023

Le cinéaste irano-américain Babak Jalali est invité pour son film, « Fremont », Prix du Jury au festival du film américain. Rencontre

Q/ Qui est Donya, votre héroïne ?

R/ Babak Jalali : Donya est une jeune immigrante réfugiée de 20 ans qui travaille à Fremont près de San Francisco. Autrefois interprète pour l’armée américaine en Afghanistan, elle écrit les messages prédictifs qui sont glissés dans les cookies produits dans la petite entreprise qui l’emploie.

Donya e vit seule dans un immeuble qui accueille d’autres Afghans, dine toujours seule dans le petit restaurant local, mais elle a ses propres rêves, ses désirs d’avenir. J’ai choisi le noir et blanc, photo moyen format, pour montrer l’isolement du personnage, enfermé dans un espace clos.

Q/ Anaïta Wali Zada, qui interprète Donya, a elle-même connu le déracinement et l’exil ?

B.J./  Lorsque l’équipe a fait le casting par openvideocall, nous avons prospecté sur les médias sociaux des Afghans aux USA. Après avoir reçu beaucoup de réponses d’Afghanes américaines de la deuxième génération est arrivé ce mail d’Anaïta, 22 ans. Journaliste, elle a quitté l’Afghanistan en 2022, vivait dans le Maryland et parlait un anglais modeste. Notre Donya…

Q/ Pourquoi choisir la ville de Fremont près de San Francisco pour cadre de vie de votre film ? 

B.J./ On y retrouve beaucoup d’Afghans qui ont fui leur pays avant 2021, mais surtout après le retour au pouvoir des talibans en août 2021. Déjà, pour un autre film ,j’avais travaillé avec des Afghans.

Il y a beaucoup d’affinités entre Iran et Afghanistan . Pas seulement pour la nourriture! J’ai beaucoup discuté avec les traducteurs de l’armée américaine à qui les autorités avaient promis de les sortir de leur pays pour éviter le pire. Arrivés aux USA, mis de côté, seuls, abandonnés, ils ont découvert une tout autre réalité…

On a beaucoup parlé des hommes, mais pas des femmes, comme Donya, attachante, femme fougueuse, forte, pas comme les femmes victimisées. Elle veut changer sa vie, être acceptée, elle veut aimer. Dans le film, j’essaie de faire rire dans un pays, les USA, où on rit peu avec les évènements. Pourtant, traiter ces situations sombres avec un certain humour ne minimise pas la profondeur de l’histoire. »

Entretien Alai Roumestand, à Deauville.

Babak Jalali est né dans le nord de l’Iran à la frontière avec le Turkménistan. Il grandit à Londres où il étudie les sciences politiques puis le cinéma à la London Film School. Son premier long métrage, «Frontier Blues », lui vaut un prix au festival de San Francisco. « Fremont » est son 4e long métrage.

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Deauville : une Afghane sur les planches


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