GIEC : le pire n’est pas réaliste

publié le 18/11/2023

Il n’y a pas assez de fossiles exploitables sur la planète pour produire ce qui est envisagé dans les pires scénarios s du GIEC. Par Jacques Treiner

Un atelier éducatif visant à créer la plus grande fresque climatique de France à l'aide d'une série de 42 affiches basées sur le rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), à Toulouse, dans le sud-ouest de la France, le 22 avril 2023 - Photo par Matthieu RONDEL / AFP

Rappelons que le GIEC n’est pas un laboratoire qui fait de la recherche, il se contente de faire une synthèse des travaux menés dans les laboratoires du monde entier. Cette expertise est conduite par trois groupes de travail : le Groupe 1 s’intéresse à la science du climat, le Groupe 2 s’occupe des effets du changement climatique sur les systèmes socio-économiques et naturels et les moyens de s’y adapter, le Groupe 3 évalue les solutions envisageables pour limiter les émissions de gaz à effet de serre ou atténuer les changements climatiques en cours.

Parmi les outils d’analyse utilisés par le Groupe 3 figurent des scénarios d’émission de gaz à effet de serre (GES). Le climat de 2050 est déjà joué, compte tenu de ce que nous avons émis dans le passé, mais ce que nous faisons – ou ne faisons pas – aujourd’hui déterminera le climat de la seconde moitié du siècle, d’où l’intérêt de considérer différentes trajectoires d’émission, et d’en déduire, à l’aide des modèles climatiques disponibles, les conséquences globales.

La trajectoire la plus basse devrait en principe permettre de limiter le réchauffement à 1,5 degré, la suivante à 2°C etc. Les trajectoires rouge et marron correspondent à des augmentations de la température moyenne supérieures à 5°C.     

Dans la mesure où les courbes représentent des émissions annuelles (en milliards de tonnes de gaz carbonique, GtCO2), l’aire sous chacune d’elle donne le total des émissions jusqu’à la fin du siècle. Compliqué ? Attendez. En clair, si par exemple, on calcule ce qu’il en est des deux trajectoires « du pire » (7 et 8.5), on trouve respectivement 5300 GtCO2 et 7800 GtCO2. Si l’on se rappelle nous émettons aujourd’hui environ 40 GtCO2 par an, on peut s’étonner de l’énorme quantité de CO2 envisagée dans ces trajectoires. Et se demander même … s’il y a suffisamment de combustibles fossiles dans le sol pour produire tant de gaz carbonique !

Et si l’on brûlait TOUTES les réserves connues d’ici 2100, tout le charbon (et il y en a !), tout le pétrole et tout le gaz ? Et là, surprise, on trouve 3300 GtCO2. Autrement dit : il n’y a pas assez de fossiles dans le sol pour produire ce qui est envisagé dans les deux trajectoires mentionnées du GIEC. Autrement dit encore : il faut considérer ces trajectoires comme des trajectoires « pédagogiques » qui, en exagérant les choses, permettent de mieux identifier les tendances.

À partir de là, deux choses à faire : vérifier les données et utiliser une approche moins schématique de consommation des fossiles.

« Ce travail fait, on trouve que les pics de production mondiale du pétrole et du gaz, ainsi que celui du charbon chinois sont attendus dans les dix ans qui viennent, et que ces pics seront suivis d’un déclin irréversible (à l’exception du charbon mondial qui perdurera à travers le siècle). Le total des émissions de CO2 associé à ces trajectoires de production est de 2380 GtCO2, confirmant ainsi que les trajectoires « du pire » ne sont pas réalistes. On se situe plutôt autour de la trajectoire conduisant à un réchauffement moyen d’environ 3 degrés – indépendamment de toute politique climatique.

Bonne nouvelle ? En un sens, oui, mais au passage, les courbes de productions fossiles vnous apprennent aussi que, dans la seconde moitié du siècle, il faut s’attendre à un fort rétrécissement des ressources énergétiques carbonées. Or celles-ci assurent 80% de l’énergie que nous consommons. Il y a donc assez de fossiles pour dérégler le climat (3°C, ça n’est pas rien !), mais pas assez pour … y substituer facilement d’autres sources énergétiques.

Moralité : le système est plus contraint qu’on pouvait penser : à la contrainte climatique de sortir des fossiles s’ajoute la contrainte géologique de nous préparer à …nous en passer rapidement.

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GIEC : le pire n’est pas réaliste


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