Le PS de nouveau soumis ?
Il faut bien sûr souhaiter la victoire de la gauche dans le plus grand nombre de villes possible. Mais il y a manière et manière. Pour l’avenir de la gauche, mieux vaut ne pas devoir son succès à l’alliance avec LFI…
Imaginons, ou cauchemardons… À Paris, à Lille, à Marseille ou à Rennes, les candidats qui ont courageusement décidé de tenir la parole du parti, c’est-à-dire de refuser la compromission avec LFI, sont battus. Tandis que partout où ils ont cédé à la pression insoumise – ou à leur propre appétit de postes à tout prix –, ils l’emportent. Alors nous entrerions, en ce début de printemps, dans un nouvel hiver de la gauche.
Le risque d’une dépendance durable à LFI
Il serait en effet démontré, par le truchement du vote populaire, seul juge de paix en démocratie, que la gauche sans LFI serait moins efficace pour gagner des villes que la gauche démocratique émancipée de la férule mélenchoniste. Dès lors, la séance sado-maso qu’on connaît depuis des années reprendrait son cours. Honteuse de ne pas être radicale – serait-ce une maladie ? –, la gauche réformiste devrait se plier à toutes sortes de pleutres rituels : battre sa coulpe sous les sarcasmes des Insoumis qui avaient prophétisé la reddition des « combinards » (dixit Mélenchon), accepter un programme irréalisable sous prétexte de disputer à LFI l’électorat plus à gauche, organiser une primaire lilliputienne avec les écolos décoloniaux et les exclus de LFI, aller, un boulet au pied, concourir à la présidentielle après avoir plié devant Mélenchon, passer l’éponge sur les sorties louches ou violentes du líder máximo, pratiquer le culte doloriste de l’Union de la gauche avec LFI alors qu’il n’en est nul besoin pour gagner. Bref, présenter aux électeurs une gauche faussement unifiée, complexée et résignée à la domination radicale, qui sera à tout coup battue au premier ou au second tour de la course à l’Élysée.
Un enjeu décisif pour 2027
Si la gauche l’emporte finalement à Toulouse, Nantes, Brest ou Lyon, avec le concours des électeurs insoumis, tant mieux. Mais surtout, qu’elle ne perde pas à Paris, Lille, Marseille, Rennes ou Strasbourg sans LFI. Il en va de ses dernières chances en 2027.



