Manuel Valls, l’éternel retour

par Valérie Lecasble |  publié le 25/11/2023

« Quand j’étais petit, je voulais être César ou Napoléon », dit l’ancien Premier ministre. Aujourd’hui, il est surtout l’homme qui court après sa gloire passée

Manuel Valls, l'ancien Premier ministre français et candidat de la majorité présidentielle pour la 5e circonscription des Français de l'étranger, à Madrid le 12 mai 2022- Photo OSCAR DEL POZO / AFP

Battu à la primaire de la gauche en 2017, à la mairie de Barcelone en 2019, aux législatives de 2022, l’ancien Premier ministre de François Hollande ne renonce pas. Il surfe dans les médias sur la gravité de l’actualité pour tenter de revenir sur la scène politique.

Cet homme-là porte en lui une rage intense, une volonté chevillée au corps de s’engager et de défendre ses idées. Il faut le voir, la mâchoire serrée sur Cnews, France Info TV ou plus sereinement sur BFMTV, dérouler avec gravité ses convictions. Il défend la laïcité et la sécurité qui nourrissent son obsession de lutter contre l’antisémitisme jusqu’au soutien à Israël, mais aussi son combat contre le terrorisme, produit, selon lui, de l’islamo-gauchisme.

Sa tête de Turc s’appelle Jean-Luc Mélenchon, qu’il considère complice, voire fautif, de ce qu’il juge être une « explosion de l’antisémitisme en France ». Il s’indigne de son refus de qualifier de terroriste l’attaque du 7 octobre contre Israël. Il propose d’ériger un cordon sanitaire autour de La France Insoumise.

Quels sont les ressorts d’une détermination si farouche?  Manuel Valls se définit comme patriote et républicain de gauche, de cette deuxième gauche, héritière de Michel Rocard. Dès 2011, il publie un livre remarqué, Sécurité, la gauche peut tout changer, Il y affiche son opposition à Nicolas Sarkozy. Pour lui, la sécurité n’est pas l’apanage de la droite.

Quoi de plus naturel dès lors qu’il revienne sur la scène médiatique à la faveur de la montée de l’antisémitisme et de l’attaque mortelle contre le professeur Dominique Bernard ? La presse se l’arrache, on le lit  dans Le Parisien, le JDD, le Point ou Valeurs Actuelles. Il y porte l’étendard de son action de Premier ministre lors des attentats de 2015, de Charlie Hebdo au Bataclan.

César ou Napoléon
En tournée à Barcelone pour la promotion de son livre, Manuel Valls se positionne en redresseur de torts, regrettant que pour obtenir son renouvellement, le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez ait cru bon d’amnistier tous les indépendantistes catalans. Invité d’un club privé huppé il lâche : « Quand j’étais petit, je voulais être César ou Napoléon ». Boutade ou aveu ?

Né le 13 août 1962 à Barcelone, d’un père artiste-peintre catalan et d’une mère, Luisangela, sœur de l’architecte Aurélio Galfetti, Manuel Carlos Valls a toujours visé haut. Il admire ses aînés, son grand-père, banquier, qui collabore à un journal catalan catholique et cache des prêtres persécutés pendant la guerre, ou l’un de ses grands-oncles, qui compose l’hymne du FC Barcelone, le club de foot dont il est aujourd’hui l’ardent supporter. Il grandit en France, et se fait naturaliser à l’âge de 20 ans après avoir passé son bac au lycée Charlemagne.

Depuis 2017, il tente tout pour revenir sur la scène politique. Aujourd’hui, il croit de nouveau en son étoile. Trop à droite, dit la gauche, trop à gauche, dit la droite. Peu importe, l’important, c’est, surtout, d’être là.