Panthéon antisémite au gouvernement grec

par Yoann Taieb |  publié le 23/07/2023

Kyriakos Mitsotakis dirige la Grèce depuis 2019, entouré d’un aréopage de personnalités plus que douteuses

Le premier ministre Kyriakos Mitsotakis avec le patriarche grec Bartholomeo -Photo ONUR COBAN / ANADOLU AGENCY

Réélu Premier ministre après sa victoire aux élections législatives, 40 % des voix et la majorité absolue au parlement grec, la Vouli, Kyriakos Mitsotaki peut savourer sa victoire. Surnommé le « Macron grec », diplômé d’Harvard et ancien de Mckinsey, cet avatar de l’élite libérale sort renforcé et confirme le basculement à droite des pays européens. En Grèce, les partis d’extrême-droite tels que Les Spartiates, Niki ou La Solution grecque cumulent 13 % des voix et obtiennent 12 députés.

La Grèce, où la liberté de la presse se classe bonne dernière en Europe (RSF), va continuer à composer avec un chef de gouvernement à l’entourage sulfureux. K.Mitsotakis se décrit lui-même comme un nationaliste qui a dû « coexister » et s’allier avec des extrémistes et néonazis du parti LAOS pour conquérir la première place du parti conservateur, Nouvelle Démocratie. Pire, il a pioché parmi ses dirigeants pour constituer son équipe rapprochée.

Le ministre de l’Intérieur, Mavroudis Voridis est lié à l’organisation de jeunesse du parti d’extrême droite Epen, nostalgique de la dictature militaire (1967-1974), et a fait, entre autres, de Jean-Marie Le Pen l’invité d’honneur de son mariage.

Un de ses proches et inspirateurs est Carl Lang, ancien dirigeant du FN et fondateur du « Parti de la France » qui est surnommé « la hache », car c’est ainsi qu’il entendait «s’occuper » des étudiants communistes de sa jeunesse. Le ministre du Développement, Spyridon Adonis Georgiadis a co-édité un livre violemment antisémite sobrement intitulé « Les juifs, toute la vérité ».


Marionti Pagouteli, vice-présidente du Conseil d’État, a regretté dans une note de blog datée de 2010 que la presse soit vendue « aux banquiers et à Rotschild » et que « Hitler n’ait pas exterminé entièrement les juifs ».
La Grèce est un pays qui a toujours eu une position ambiguë à l’égard des juifs. 83 % d’entre eux ont été exterminés dans les camps nazis, mais encore 36 % des Grecs disent éprouver des « sentiments négatifs » à leur encontre et 61 % croient à une théorie du « complot juif ». (source : https://apleu.org/european-antisemitism-survey/).

Mitsotakis, empêtré dans un scandale d’espionnage contre le chef du Parti Socialiste grec et plusieurs conflits d’intérêts, jure que son gouvernement n’est pas antisémite et que l’élection lui permettra de poursuivre ses réformes. Avec ou sans l’aval des néonazis ?

Yoann Taieb