Soutenir l’Ukraine, plus que jamais !

par Laurent Joffrin |  publié le 03/01/2024

Les faux réalistes pressent les démocraties de céder à Poutine. Ils croient mettre fin à la guerre. Ils ne feront que l’encourager.

Voici revenir l’esprit de Munich… Après tout, peut-on se dire, n’est-il pas temps de mettre fin à cette guerre qui tue tant de braves gens et déchire l’Europe ? Faisons la part du feu, négocions avec Poutine, laissons-lui ce qu’il a gagné – un cinquième du territoire ukrainien – et arrêtons les frais. Ainsi on terminera une guerre qui ne mène à rien, qui oblige les Européens et les Américains à des dépenses inconsidérées, qui entretient au cœur du continent un conflit qui risque, à tout moment, de dégénérer en affrontement continental, qui mobilise des ressources dont les populations ont le plus grand besoin par ailleurs.

Tel est le discours des munichois d’aujourd’hui. À l’instar des partisans de « l’apaisement » dans les années trente, qui pensaient préserver la paix en cédant aux dictatures, certains croient qu’en se courbant devant les maîtres, on s’attire leur bienveillance. Erreur historique. L’abaissement des démocraties – il s’agit bien de cela – loin de les apaiser, encourage les tyrans.

La population ukrainienne, qui adhère à nos valeurs démocratiques, ne veut pas offrir à Poutine une quelconque victoire. Elle veut préserver son indépendance, conserver son territoire et choisir le mode de gouvernement qui lui convient. Et, donc, ne rien concéder au voisin russe qui a juré sa perte. Tel est l’enjeu. Faut-il, au nom d’un soi-disant réalisme, trahir les Ukrainiens qui sont nos alliés, plier devant ce pouvoir russe autoritaire, antidémocratique, réactionnaire et impérialiste ? Funeste tentation, à laquelle, en d’autres temps, Churchill avait répondu d’avance : « Vous avez choisi le déshonneur pour éviter la guerre. Vous aurez la guerre et le déshonneur ».