Comme l’a dit le président

par Valérie Lecasble |  publié le 30/01/2024

Dynamique sur la forme, mais sans surprise sur le fond, la déclaration de politique générale du Premier ministre n’a rien apporté de nouveau

Le Premier ministre français Gabriel Attal prononce la déclaration de politique générale de son gouvernement devant l'Assemblée nationaletrois semaines après sa nomination par le président français - Photo EMMANUEL DUNAND / AFP

On n’attendait pas grand-chose de la déclaration de politique générale de Gabriel Attal, on n’a pas été déçu. Pas de révélation fracass,ante ni de ligne directrice innovante, encore moins de vision claire pour l’avenir. Plutôt une multitude de mesures dont on connaissait déjà peu ou prou le contenu depuis la conférence de presse d’Emmanuel Macron, le 16 janvier.

Autour de thèmes clés comme « déverrouiller, désmicardiser, débureaucratiser », tout juste retiendra-t-on que le travail est une valeur fondamentale de la République, tout comme le sont l’autorité, la souveraineté et le civisme. La preuve, les parents d’enfants délinquants seront sanctionnés et les jeunes reconnus coupables iront en internat, l’aide médicale d’État sera durcie et les médecins étrangers seront régularisés pour lutter contre les déserts médicaux.

Sans pour autant réussir à calmer la grogne, l’agriculture est déclarée « exception française », elle bénéficiera de façon accélérée des aides de la Politique agricole commune ainsi que d’un contrôle renforcé contre les fraudes à l’importation.

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Le Premier ministre a en réalité suivi à la lettre la feuille de route que lui a fixée le président de la République, à savoir valoriser le bilan des six dernières années et mettre en musique le programme qu’il a délivré. Après les tumultueuses réformes des retraites puis de l’immigration, il est temps désormais, assume-t-il, de se concentrer sur l’amélioration de la vie quotidienne des Français. Gabriel Attal a suivi la partition, note après note, sans donner le sentiment de développer de nouveaux grands projets.

C’est du coup, davantage le style que le fond qui différencie Gabriel Attal d’Emmanuel Macron. Avec des phrases plus courtes, plus incisives, une conviction plus affirmée, une énergie maintes fois revendiquée, le Premier ministre a tenté de s’imposer comme une personnalité plus jeune et dynamique que le président de la République.

Contraint de lire mot à mot un discours qu’il n’avait pas écrit, les yeux souvent rivés sur son texte, il a peiné au début à trouver la flamme avec laquelle il sait si souvent séduire ses interlocuteurs ou clouer au pilori ses adversaires. Mais au fur et à mesure, il a su aller chercher les députés qui l’ont beaucoup applaudi. Sur une note très personnelle, il a revendiqué être le porte-étendard d’une France moderne, qui a remisé aux oubliettes la guerre sur le mariage pour tous pour assumer d’être dirigée par un Premier ministre homosexuel.

Celui qu’Éric Ciotti, leader des Républicains, a qualifié d’« agent de communication au service d’un marketing politique » a su, à 34 ans, franchir l’épreuve d’une heure et demie de s’adresser tout seul au pupitre, aux députés de l’Hémicycle. C’est maintenant que tout commence : il va lui falloir délivrer ce qu’il a promis.