Le carbone, et après ?

par Valérie Cohen |  publié le 28/12/2023

Les émissions de CO2 ont baissé en France en 2022 et 2023. Mais la diminution est-elle assez rapide ? Quid des importations carbone ? Et quel plan pour relocaliser notre industrie ?

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Les émissions de CO2 ont baissé, on ne peut que s’en réjouir. Il faut cependant préciser que les chiffres constatés ne rendent compte que des émissions territoriales, et seulement du CO2, grâce à notre énergie nucléaire. Mais pour être objectif, il faut se référer à notre « empreinte carbone » c’est-à-dire nos émissions territoriales + nos émissions importées.

En 2022, selon des estimations provisoires, l’empreinte carbone de la France est estimée à 604 millions de tonnes équivalent CO2,  dont 420 Mt environ émises sur notre sol. Le reste est constitué de gaz à effet de serre (GES) émis à l’étranger, mais consommés en France.

Le risque serait de réduire les émissions sur notre sol, mais…d’augmenter les émissions importées, comme en Suède dernièrement où la consommation s’est en partie déportée sur des produits importés depuis des pays moins regardants sur leur poids carbone. On devient plus vertueux localement, mais on fait fabriquer ailleurs nos biens producteurs de GES. Rappelons qu’en 2022, l’empreinte mondiale a globalement augmenté de 1%.

Par ailleurs, notre croissance étant mesurée par le PIB, il faudra prendre en compte, non pas uniquement nos émissions territoriales, mais plutôt notre empreinte carbone globale. On attend les chiffres.

Il est probable que le ratio restera favorable prouvant que notre croissance peut aller de pair avec une baisse de nos émissions d’autant qu’une partie de cette croissance est affectée précisément à la décarbonation de notre économie.

Mais ce constat ouvre d’autres questions : la vitesse de réduction est-elle suffisante pour assurer une stabilité climatique ? Non, comme l’a souligné Laurent Joffrin, il faut accentuer notre pente de réduction.Quels sont les plans en cours pour prévoir la relocalisation de notre industrie et éviter des importations non vertueuses en carbone ?

Notre croissance ne repose pas uniquement sur l’utilisation des énergies fossiles, elle entraîne l’exploitation massive de ressources autres que les énergies fossiles, mettant en danger nos écosystèmes. Donc si nous produisons demain une énergie zéro carbone, quid de ces ressources et de leur disponibilité ?